Accueil Finance Nigeria : la Banque centrale abaisse son taux directeur de 26,5 % à 23 %
Finance

Nigeria : la Banque centrale abaisse son taux directeur de 26,5 % à 23 %

Partager
Partager
  • La Banque centrale du Nigeria a abaissé son taux directeur de 350 points de base, de 26,5 % à 23 %, après l’avoir maintenu inchangé en mai et en juillet. Le taux avait déjà été réduit de 50 points de base en février.

  • La baisse ne répond pas uniquement au recul de l’inflation : avec un taux interbancaire proche de 22 %, le taux directeur de 26,5 % s’était écarté des conditions effectivement observées sur le marché monétaire, selon la CBN.

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a ramené son taux directeur de 26,5 % à 23 % le 22 septembre, soit une réduction de 350 points de base en une seule réunion. Le Comité de politique monétaire a parallèlement fixé le corridor de ses facilités permanentes à +50/-300 points de base autour du nouveau taux, ce qui place le taux de prêt de la banque centrale à 23,5 % et son taux de dépôt à 20 %.

Les réserves obligatoires restent inchangées à 45 % pour les banques commerciales et 16 % pour les banques d’affaires.

La taille de la baisse peut donner l’impression d’un assouplissement monétaire beaucoup plus important que celui de février, lorsque la CBN avait réduit son taux de seulement 50 points de base.

L’explication donnée par la banque centrale porte toutefois en grande partie sur le fonctionnement du marché monétaire. Avant la décision, le taux directeur était de 26,5 %, mais le taux interbancaire évoluait autour de 22 %, soit environ 4,5 points plus bas et à proximité du taux auquel les banques plaçaient leurs liquidités auprès de la CBN.

Selon l’institution, cette différence affaiblissait la capacité du taux directeur à servir de référence aux transactions financières.

Le ralentissement des prix a donné à la CBN davantage de marge pour effectuer ce réajustement. L’inflation annuelle s’est établie à 15,39 % en août, contre 15,43 % en juillet.

La baisse mensuelle reste donc limitée à 0,04 point, mais les mouvements à plus court terme sont plus marqués : l’inflation mensuelle est passée de 1,57 % en juillet à 0,71 % en août. L’inflation alimentaire a reculé à 19,57 % sur un an et l’inflation sous-jacente à 13,29 %.

Le taux directeur demeure ainsi supérieur de 7,61 points au taux d’inflation d’août si l’on compare simplement les deux taux nominaux.

Avant la décision, cet écart atteignait 11,11 points. La CBN présente donc l’opération comme un réalignement de son instrument principal avec les taux du marché plutôt que comme l’abandon de sa politique de maîtrise de l’inflation.

Elle a notamment maintenu à 45 % le coefficient de réserves obligatoires des banques commerciales, qui détermine la part de leurs dépôts immobilisée auprès de la banque centrale.

Les conditions extérieures se sont également améliorées. L’excédent de la balance des paiements est passé de 2,38 milliards de dollars au premier trimestre à 3,51 milliards au deuxième trimestre 2026, tandis que l’excédent du compte courant a atteint 7,54 milliards de dollars. Les réserves extérieures brutes s’élevaient à 55,25 milliards de dollars au 18 septembre, selon la CBN.

Une position extérieure plus fournie réduit le besoin de défendre le naira uniquement par des taux d’intérêt élevés, même si les mouvements du taux de change restent une variable importante pour l’évolution des prix.

La baisse intervient aussi alors que l’activité accélère. Le PIB réel du Nigeria a progressé de 4,43 % sur un an au deuxième trimestre, contre 3,89 % au premier.

L’agriculture a augmenté de 4,39 % et les services de 4,60 %, tandis que la production pétrolière a atteint en moyenne 1,72 million de barils par jour, contre 1,55 million au trimestre précédent.

Pour les entreprises, la transmission aux crédits bancaires ne sera pas automatique. En août, avant la nouvelle décision, le taux préférentiel moyen appliqué par les banques était de 17,86 %, tandis que le taux maximal moyen atteignait encore 29,20 %, selon des données de la CBN rapportées par la presse nigériane.

Une baisse du taux directeur peut modifier progressivement le coût de refinancement et les références utilisées pour fixer les prêts, mais les banques continueront également de tenir compte du risque de crédit, de leurs coûts de financement et des réserves obligatoires.

La décision du 22 septembre ramène ainsi le taux directeur au plus près des taux auxquels le système bancaire échangeait déjà ses liquidités.

La différence sera désormais mesurable dans les taux du marché monétaire et dans ceux appliqués aux emprunteurs : en août, les entreprises pouvant accéder aux crédits les plus coûteux faisaient encore face à un taux bancaire moyen proche de 30 %, malgré un taux interbancaire situé autour de 22 %.

DecryptEco | RDC & Afrique

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *