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À New York, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a mis en avant deux dossiers américains : la remise en production de Chemaf à partir de 2027 et les travaux d’exploration engagés par KoBold Metals après l’obtention de sept permis en RDC.
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Les deux projets n’en sont toutefois pas au même stade. Chemaf construit déjà ses installations et a commencé l’extraction mécanisée à Mutoshi, tandis que KoBold reste essentiellement dans l’exploration et doit encore débloquer le volet lithium de Manono.
La présence américaine dans le secteur minier congolais commence à se mesurer autrement que par des accords. À New York, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a cité Chemaf et KoBold Metals parmi les dossiers qui matérialisent cette progression.
« Il y a beaucoup d’appétit en ce moment pour les compagnies américaines qui toquent à notre porte », a-t-il déclaré, évoquant également la santé, l’éducation et l’intelligence artificielle.
Le dossier le plus avancé reste Chemaf. Reprise en 2026 par Virtus Minerals et son partenaire indien Lloyds Metals & Energy, l’entreprise prépare la remise en service de ses actifs de cuivre et de cobalt.
Début septembre, Chemaf a commencé l’extraction mécanisée à Mutoshi, près de Kolwezi, en prévision de la mise en service de l’usine au début de 2027. Virtus affirme que l’opération a préservé environ 2 000 emplois et mobilise quelque 2 000 travailleurs supplémentaires dans les travaux de construction.
L’échelle industrielle permet de mesurer ce que représente cette relance. À pleine capacité, Mutoshi doit produire 50 000 tonnes de cuivre et 20 000 tonnes de cobalt par an.
Ces 20 000 tonnes équivaudraient à environ 8,7 % des 230 000 tonnes de cobalt extraites en RDC en 2025, sur la base des estimations de l’United States Geological Survey (USGS).
Le pays représentait cette année-là environ 73 % de la production minière mondiale de cobalt.
KoBold se situe plus en amont. La société américaine, qui utilise notamment l’intelligence artificielle pour orienter ses recherches géologiques, détient sept permis d’exploration en RDC et a commencé les travaux de terrain. Reuters indique qu’elle a sécurisé plus de 3 000 km² dans les zones congolaises du lithium et du cuivre.
Le lithium reste cependant le dossier le plus complexe. Le ministre Louis Watum confirme que des discussions se poursuivent avec KoBold autour de Manono.
Entre-temps, une autre partie du gisement, développée par Zijin Mining avec la Cominière et l’État congolais, exporte déjà du concentré de lithium vers la Chine depuis juin 2026.
KoBold a indiqué qu’il ne lancerait pas de construction sur la partie qu’il vise tant que les différends sur les droits miniers ne seraient pas réglés.
La photographie est donc contrastée : à Chemaf, les capitaux américains sont déjà adossés à des installations, des emplois et une capacité de production mesurable ; chez KoBold, ils financent encore principalement la recherche géologique.
C’est ce passage de l’exploration à la production qui déterminera la profondeur industrielle réelle de cette nouvelle présence américaine dans les minerais congolais.
DecryptEco | RDC & Afrique
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