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Le cuivre à trois mois a atteint 14 766 dollars la tonne à Londres le 22 septembre, à moins de 1 % du record de 14 875 dollars établi le 10 septembre, avant de revenir à 14 651 dollars mercredi matin.
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Les stocks immédiatement disponibles dans les entrepôts du LME sont tombés à 133 725 tonnes, tandis que les stocks de cathodes à Shanghai ont reculé à 43 900 tonnes, leur plus bas niveau depuis décembre 2023.
Le cuivre reste proche de ses records après six séances consécutives de hausse, soutenu par une diminution du métal disponible à Londres et Shanghai. Le contrat à trois mois du London Metal Exchange a atteint 14 766 dollars la tonne mardi 22 septembre, contre un record de 14 875 dollars le 10 septembre. Mercredi matin, il reculait de 0,66 % à 14 651 dollars sous l’effet d’un dollar plus ferme.
La tension apparaît surtout dans les stocks mobilisables rapidement. Les entrepôts enregistrés auprès du LME détenaient environ 254 000 tonnes de cuivre au 22 septembre, mais une partie importante de ce métal était déjà réservée pour retrait. Les stocks encore disponibles étaient tombés à 133 725 tonnes après de nouvelles annulations de warrants en Asie.
Dans le même temps, le cuivre au comptant est passé d’une décote de 86 dollars par tonne par rapport au contrat à trois mois le 14 septembre à une prime quelques jours plus tard. Les acheteurs acceptent donc de payer davantage pour disposer du métal immédiatement.
La même contraction est visible en Chine, premier marché mondial du cuivre. Les stocks de cathodes suivis à Shanghai ont diminué de 14 700 tonnes en une semaine pour atteindre 43 900 tonnes, leur plus bas niveau depuis décembre 2023.
Shanghai Metals Market indique qu’une partie du cuivre importé ne passe plus par les entrepôts : les cargaisons sont directement acheminées vers les fabricants. La prime de Yangshan, payée pour importer du cuivre en Chine, se situait encore autour de 117 à 119 dollars la tonne cette semaine, contre des niveaux nettement plus faibles au début de septembre.
Le marché américain présente une situation inverse. Les entrepôts du Comex détenaient environ 696 000 tonnes de cuivre cette semaine, après plusieurs mois d’importations alimentées par la perspective de droits de douane américains sur le cuivre raffiné.
Ce déplacement du métal vers les États-Unis a augmenté les stocks visibles à New York tout en réduisant la disponibilité dans d’autres centres de négociation. Sprott décrit ainsi deux marchés fonctionnant avec des niveaux de stocks très différents entre les États-Unis et le reste du système international.
Le mouvement des stocks intervient alors que la production minière mondiale progresse moins que prévu. Sprott estime que les perturbations de Grasberg en Indonésie et de Kamoa-Kakula en RDC ont retiré environ 600 000 tonnes de production attendue en 2026, soit environ 2,5 % de l’offre minière mondiale annuelle. Selon le gestionnaire d’actifs, la production minière mondiale a diminué de 1,1 % au premier semestre par rapport à la même période de 2025.
La RDC est directement concernée par l’une de ces réductions. Ivanhoe Mines prévoyait encore en janvier une production de 380 000 à 420 000 tonnes à Kamoa-Kakula en 2026. Après la révision du plan minier consécutive aux difficultés rencontrées à Kakula, la société a ramené en août sa prévision à 290 000-310 000 tonnes. Au point médian des deux fourchettes, cela représente 100 000 tonnes de moins que la prévision initiale.
Cette réduction intervient dans un pays qui figure parmi les principaux fournisseurs de cuivre au marché mondial. Les statistiques du ministère congolais des Mines font état de 3,106 millions de tonnes de cuivre exportées en 2024. Kamoa-Kakula n’est qu’une partie de cette production : Tenke Fungurume, Sicomines, Kamoto, Metorex, Mutanda et plusieurs autres opérateurs produisent également dans le Haut-Katanga et le Lualaba.
Les stocks élevés aux États-Unis empêchent toutefois de présenter la situation actuelle comme une absence générale de cuivre. Le métal existe, mais une part importante est concentrée dans les entrepôts américains, alors que les volumes disponibles rapidement diminuent à Londres et Shanghai.
Les prix réagissent ainsi à la combinaison de trois mouvements distincts : des stocks géographiquement déséquilibrés, des achats chinois avant les congés de fin septembre et début octobre, et une production minière inférieure aux prévisions sur plusieurs grands sites.
À près de 14 700 dollars la tonne, la valeur du cuivre reste donc proche de son sommet historique, mais les données de stocks expliquent davantage la tension actuelle que le seul niveau du prix : Shanghai dispose de moins de 44 000 tonnes de cathodes recensées, le LME d’environ 134 000 tonnes immédiatement disponibles, tandis que près de 700 000 tonnes sont entreposées dans le système Comex américain.
DecryptEco | RDC & Afrique
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