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Guinée-Conakry : le réseau routier de la Guinée dépasse 45 000 km, mais le défi reste celui de la qualité

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  • Le réseau routier de la République de Guinée est passé de 43 493 kilomètres en 2011 à près de 45 300 kilomètres en 2026, selon les données de l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE). Cette progression reflète les efforts engagés pour améliorer la connectivité du territoire.

  • Malgré cette extension, la qualité des infrastructures demeure un enjeu majeur. Les routes nationales bitumées représentent moins de 7 % du réseau, mais supportent près de 80 % du trafic, faisant de leur modernisation un impératif économique.

La République de Guinée poursuit la modernisation de ses infrastructures de transport, un levier considéré comme essentiel pour soutenir la croissance, améliorer la compétitivité des entreprises et accompagner le développement de son secteur minier. Selon les dernières données publiées par l’Agence de gestion des routes (AGEROUTE), le réseau routier national atteint désormais environ 45 300 kilomètres, contre 43 493 kilomètres en 2011, soit une progression de 1 807 kilomètres en une quinzaine d’années.

L’évolution reste relativement modérée au regard des besoins du pays, mais elle traduit une accélération des investissements dans les infrastructures de transport, alors que les autorités ont fait du désenclavement des régions et de l’amélioration des corridors économiques une priorité de leur stratégie de développement.

Aujourd’hui, le réseau est composé de 7 576 kilomètres de routes nationales, dont 2 779 kilomètres revêtus et 4 797 kilomètres non revêtus, auxquels s’ajoutent 2 000 kilomètres de voiries urbaines, 15 876 kilomètres de routes préfectorales et 19 846 kilomètres de routes communautaires.

Si les routes nationales bitumées représentent une faible part du linéaire total, elles concentrent près de 80 % des flux de circulation, ce qui en fait l’ossature des échanges économiques du pays. Elles assurent notamment l’acheminement des productions minières vers les ports, facilitent les échanges commerciaux entre les régions et améliorent la mobilité des populations.

L’enjeu ne réside toutefois plus uniquement dans l’extension du réseau, mais dans sa qualité. Selon la Banque mondiale, à peine 30 % des routes nationales bitumées étaient en bon état en 2021, tandis qu’environ 75 % des routes nationales en terre présentaient un niveau élevé de dégradation, devenant souvent impraticables durant la saison des pluies. Cette situation continue d’alourdir les coûts logistiques, de ralentir les échanges commerciaux et de limiter l’intégration économique de nombreuses régions.

Pour inverser cette tendance, les autorités ont accéléré plusieurs projets structurants en 2025. L’AGEROUTE a notamment supervisé les travaux sur les axes Mamou–Labé, Mamou–Faranah, Kankan–Kérouané–Beyla, Boké–Québo, Lola–N’Zoo–Frontière Côte d’Ivoire ainsi que plusieurs projets de réhabilitation de routes préfectorales. Au total, 513 ponts et dalots ont été construits ou réhabilités, tandis que 14 nouveaux ponts de désenclavement ont été lancés.

La dynamique devrait se poursuivre en 2026. Parmi les projets annoncés figurent la modernisation de plusieurs axes en 2×2 voies, la construction d’une autoroute à péage entre Kagbelen et Tanènè, l’extension de l’autoroute de Kankan ainsi que la poursuite des grands corridors régionaux destinés à renforcer l’intégration de la Guinée avec ses voisins ouest-africains.

L’un des projets les plus emblématiques concerne le corridor routier Guinée–Sénégal, dont le tronçon Mali–Gadalougué (53 km) bénéficie d’un financement de 140 millions d’euros de la Banque islamique de développement. Ce corridor doit améliorer la fluidité des échanges commerciaux transfrontaliers et renforcer la connectivité entre les deux pays.

Au-delà des kilomètres construits, le véritable défi reste désormais celui de la maintenance. Dans une économie où les exportations minières constituent le principal moteur de croissance, la performance du réseau routier conditionne directement la compétitivité logistique, l’attractivité des investissements et l’intégration des territoires. Pour la République de Guinée, la route n’est plus seulement un équipement public : elle devient un actif économique stratégique.

DecryptEco

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