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Déficit de 4 millions de logements en RDC : vers la mise en place d’une banque publique pour absorber la pression 

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  • La République démocratique du Congo fait face à un déficit estimé à près de 4 millions de logements. Ce niveau de besoin, documenté par ONU-Habitat et repris par le Gouvernement, nécessiterait une production d’environ 265 000 logements par an pour être progressivement résorbé.

  • Pour renforcer le financement du secteur, le Gouvernement envisage de transformer le Fonds national de l’habitat (FONHAB) en une banque publique spécialisée, capable notamment de mobiliser des ressources à long terme et de développer le crédit hypothécaire.

La République démocratique du Congo veut renforcer son dispositif de financement du logement. Lors de la 97e réunion du Conseil des ministres, tenue le vendredi 28 août 2026 à Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa a demandé d’étudier la transformation du Fonds national de l’habitat (FONHAB) en une banque publique spécialisée dans le financement de l’habitat.

Cette orientation intervient dans un contexte marqué par un déficit national estimé à près de 4 millions d’unités de logement. L’estimation, reprise par le Gouvernement, est notamment étayée par les données d’ONU-Habitat sur la situation du logement en RDC.

L’agence onusienne évalue à environ 265 000 unités par an le volume de nouvelles habitations nécessaire pour réduire progressivement ce déficit.

Le FONHAB devrait déjà soutenir le financement du logement

La RDC dispose déjà d’un instrument public consacré à cette problématique. Créé en 2018, le Fonds national de l’habitat (FONHAB) a notamment pour mission de mobiliser des ressources pour financer la construction de logements, favoriser l’accès à l’habitat et soutenir les programmes immobiliers.

Le dispositif devrait ainsi constituer l’un des principaux leviers financiers de la politique nationale du logement.

Mais son fonctionnement reste limité par une contrainte importante : la dotation initialement prévue n’a pas pu être mobilisée en raison des contraintes pesant sur les finances publiques, a relevé la Première ministre lors dudit Conseil des ministres.

Cette insuffisance de ressources réduit la capacité du Fonds à intervenir à l’échelle correspondant aux besoins du pays.

Passer d’un fonds à une banque spécialisée

La nouvelle approche consiste à donner davantage de capacités financières au dispositif existant.

La transformation envisagée du FONHAB en banque publique devrait permettre de mobiliser des ressources sur de plus longues périodes et de structurer davantage le financement immobilier.

L’institution pourrait notamment contribuer au développement d’un crédit hypothécaire national, au financement des logements sociaux, à la valorisation du patrimoine immobilier de l’État ainsi qu’à la mobilisation de capitaux privés en faveur de la construction.

Pour les ménages, le développement du crédit hypothécaire permettrait, en principe, de financer l’acquisition d’un logement sur plusieurs années plutôt que de supporter immédiatement l’intégralité de son coût.

Pour les promoteurs immobiliers, une institution spécialisée pourrait également faciliter l’accès aux financements nécessaires à la réalisation de projets de grande ampleur.

Le projet reste à structurer

À ce stade, la banque publique de l’habitat n’est pas encore opérationnelle.

La Première ministre a chargé le ministre d’État chargé de l’Urbanisme et de l’Habitat ainsi que le ministre des Finances d’étudier les modalités permettant de faire évoluer le FONHAB vers une institution disposant de prérogatives bancaires complètes.

Plusieurs paramètres restent donc à déterminer, notamment le capital de la future structure, ses sources de financement, son modèle d’intervention et les conditions d’accès aux crédits qu’elle pourrait proposer.

DecryptEco

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  • La transformation du FONHAB en une banque publique spécialisée dans le financement de l’habitat constitue donc une orientation pertinente et stratégique.

    Une telle institution pourrait permettre de développer progressivement le crédit hypothécaire, de soutenir les logements sociaux, d’accompagner les promoteurs immobiliers et surtout de donner aux Congolais la possibilité d’accéder à la propriété grâce à des financements remboursables sur plusieurs années.

    Mais cette réforme devra être accompagnée de garanties solides : une gouvernance rigoureuse, une gestion transparente, des taux accessibles, des critères de crédit adaptés aux revenus des ménages et une véritable protection contre la mauvaise gestion des ressources publiques.

    Le logement n’est pas un luxe. C’est un besoin fondamental et un facteur essentiel de stabilité sociale et de développement économique.

    La RDC a besoin d’une institution financière capable de transformer l’épargne et les ressources disponibles en maisons, quartiers et villes mieux planifiés.

    Oui à une banque publique de l’habitat forte, transparente et accessible aux Congolais. 🇨🇩

    Parce que financer le logement aujourd’hui, c’est construire la dignité, la stabilité et l’avenir de notre nation.

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