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Le Fonds de régulation économique doit désormais intervenir à la fois sur les tensions ponctuelles des prix et sur le financement de la production nationale. Le manioc, le maïs et les haricots figurent parmi les filières retenues en priorité.
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Un dispositif de stockage de contingence sera également expérimenté à Kinshasa et au Kongo Central. Le Gouvernement veut ainsi disposer de réserves mobilisables lorsque l’approvisionnement se contracte ou que les prix des produits de base augmentent anormalement.
Le Gouvernement congolais veut élargir le rôle du Fonds de régulation économique (FOREC) dans la stabilisation des marchés et le soutien à la production alimentaire.
Lors de la 97e réunion du Conseil des ministres, tenue vendredi 28 août 2026, le Vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a présenté les premiers résultats de la réforme de cet établissement public et les nouvelles orientations retenues pour son intervention.
Dorénavant, le FOREC doit remplir deux fonctions complémentaires. La première consiste à intervenir lorsque les prix de certains produits de grande consommation connaissent des tensions inhabituelles.
La seconde vise à soutenir davantage la production nationale afin de réduire la dépendance du pays aux approvisionnements extérieurs.
Le Fonds est devenu effectivement opérationnel en janvier 2026 après une réforme de son cadre juridique. En mai, son Comité consultatif avait déjà identifié 42 produits sensibles pouvant faire l’objet d’interventions, parmi lesquels le riz, le maïs, les viandes, les poissons, les volailles et plusieurs légumineuses.
Des interventions sur les prix
Le Gouvernement cite notamment les tensions observées sur le marché du maïs dans l’espace Katanga.
Au Haut-Katanga, le FOREC avait conclu en mai un accord avec des producteurs locaux pour soutenir temporairement la farine de maïs. La vente subventionnée avait ensuite été lancée à Lubumbashi en juin.
Devant le Conseil des ministres, Daniel Mukoko Samba a indiqué que l’annonce des interventions publiques, combinée aux mesures provinciales, avait contribué à freiner les comportements spéculatifs et à ramener les prix vers leur niveau d’équilibre, sans nécessiter de décaissements financiers massifs.
Mais le Gouvernement reconnaît les limites d’une politique reposant principalement sur des subventions directes à la consommation.
Kinshasa et le Kongo Central pour tester les stocks
Pour disposer d’un mécanisme plus durable, le FOREC doit travailler avec la Réserve stratégique générale à la constitution d’un dispositif national de stockage de contingence.
Une première expérimentation est annoncée à Kinshasa et au Kongo Central. Le principe consiste à disposer de stocks pouvant être mobilisés en cas de perturbation de l’offre ou de forte tension sur les prix.
Le Gouvernement n’a toutefois pas encore communiqué les volumes à stocker, les produits concernés ni le budget de cette phase pilote.
Financer directement les producteurs
Le deuxième axe est plus structurel. Le FOREC doit financer directement des producteurs locaux dans les filières du manioc, du maïs et des haricots.
Ce choix s’inscrit dans les orientations du Plan national stratégique de développement (PNSD).
Dans cette répartition des interventions, le FOREC doit concentrer ses financements sur les producteurs et les filières agricoles prioritaires, tandis que l’État est appelé à agir principalement sur les conditions permettant à cette production de se développer : infrastructures, désenclavement des bassins de production et amélioration du climat des affaires.
La logique consiste donc à agir simultanément sur l’offre et sur son environnement. Financer davantage de producteurs ne suffit pas si les récoltes ne peuvent être transportées vers les centres de consommation ou si les coûts logistiques restent élevés.
Cette orientation est déjà visible dans certains financements. En avril 2026, 7,7 millions USD avaient été mobilisés à travers le FOREC pour relancer les activités de CDI-Bwamanda dans le Sud-Ubangi, notamment dans les filières maïs et soja.
Le Fonds intervient aussi sur les infrastructures nécessaires à l’écoulement des productions. Le 28 août, un protocole de 2,4 millions USD a été signé avec la Régie des voies fluviales pour améliorer la navigabilité de près de 2 300 kilomètres de voies d’eau, à travers notamment le balisage, le dragage et le désencombrement.
L’objectif est de faciliter l’évacuation des produits agricoles et de réduire les coûts de transport. La réforme du FOREC cherche ainsi à articuler trois interventions : agir ponctuellement sur les prix, constituer des réserves de sécurité et financer l’offre locale.
Dans la logique du PNSD, ce soutien à la production doit être complété par l’amélioration des infrastructures et des conditions d’activité économique.
Le dispositif doit ainsi permettre au Gouvernement d’intervenir sur les marchés sans limiter son action aux seules subventions à la consommation.
DecryptEco
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