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La RDC ne satisfait pas encore aux exigences minimales de transparence budgétaire du Département d’État américain, malgré des avancées dans la publication du budget, le contrôle des comptes extrabudgétaires et la transparence des contrats publics.
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Au-delà de la conformité administrative, les lacunes relevées touchent à la qualité de l’information financière disponible pour apprécier l’exécution du budget, les risques liés aux entreprises publiques et certains engagements de l’État.
La République démocratique du Congo ne remplit pas encore les exigences minimales de transparence budgétaire retenues par le Département d’État américain. Le constat ne signifie pas que les finances publiques congolaises sont entièrement opaques. Il mesure plutôt la capacité du public à suivre un circuit essentiel : ce que l’État prévoit de collecter, ce qu’il autorise à dépenser et ce qui est effectivement exécuté.
Le Fiscal Transparency Report 2026, publié le 11 août et couvrant l’année 2025, relève plusieurs pratiques jugées satisfaisantes. Le projet de budget et le budget adopté ont été largement accessibles en ligne. Les principales recettes et dépenses y figurent, et les recettes effectivement collectées ont raisonnablement correspondu aux prévisions votées.
Cette correspondance est importante économiquement. Un budget dont les recettes réalisées restent proches des hypothèses initiales offre une base plus solide pour piloter les dépenses publiques, limiter les ajustements en cours d’année et apprécier la trajectoire des finances de l’État.
Le gouvernement a également procédé à des revues budgétaires pendant l’exercice. Les principaux comptes extrabudgétaires ont été déclarés et soumis à un contrôle. Leur intégration dans le champ de surveillance réduit les zones dans lesquelles des recettes ou dépenses publiques pourraient échapper à la lecture globale de la situation budgétaire.
Les entreprises publiques constituent un point plus sensible. Le budget indique les allocations qu’elles reçoivent, les revenus qu’elles procurent à l’État et leur dette, mais Washington estime que ces informations manquent encore de détail.
Pour les finances publiques, cette précision compte. Les entreprises détenues par l’État peuvent être à la fois une source de dividendes et un foyer de risques financiers. Une dette importante, une garantie publique ou des pertes répétées peuvent, dans certaines circonstances, finir par peser sur le budget de l’État. Une information détaillée permet donc de mieux mesurer ces passifs potentiels.
Dans les industries extractives, le rapport constate que les critères d’attribution des contrats et licences sont prévus par les textes et appliqués dans la pratique. Des informations de base sur les contrats sont accessibles au public. Les données sur les marchés publics sont également publiées.
Trois insuffisances restent cependant relevées par Washington. Le rapport de fin d’exercice, qui permet de confronter le budget voté à son exécution réelle, n’a pas été publié dans le délai attendu. Le contrôle parlementaire ou civil des budgets militaires et de renseignement existe, mais reste jugé perfectible. Enfin, le fonds souverain dispose d’un cadre juridique considéré comme solide sans publier entièrement ses sources de financement ni les principes régissant ses retraits.
Pour les économistes, ces questions ont un dénominateur commun : la qualité de l’information. Plus les comptes publics permettent de rapprocher prévisions, exécution, dette et engagements de l’État, plus il devient possible d’évaluer précisément sa position budgétaire. Le rapport américain montre ainsi une RDC où les mécanismes de transparence se sont élargis, mais où certaines zones importantes du bilan public restent encore insuffisamment documentées.
DecryptEco
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