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RDC : 250 millions USD pour transformer la gestion des déchets à Kinshasa

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  • La présidence demande un suivi bimensuel de la collecte et du traitement des déchets dans la capitale congolaise.

  • Le dispositif rejoint le programme « Kin la Belle » de la Banque mondiale, destiné à construire des infrastructures de traitement et à créer des emplois dans la chaîne des déchets.

Le gouvernement congolais veut faire de la gestion des déchets un service permanent plutôt qu’une succession d’opérations ponctuelles. Lors du Conseil des ministres tenu le 31 juillet 2026 à Kaniama Kasese, dans le Haut-Lomami, le président de la République a demandé à la Task Force de salubrité de Kinshasa de suivre l’ensemble de la chaîne, depuis la collecte jusqu’au traitement final. Un rapport d’exécution doit lui être transmis toutes les deux semaines.

La capitale produit environ 12 000 tonnes de déchets par jour. Près de 98 % sont brûlés ou abandonnés à l’air libre, selon la Banque mondiale. Ces dépôts obstruent les caniveaux, accentuent les inondations et prolongent les risques sanitaires dans les quartiers densément peuplés.

Le financement international change l’échelle de l’intervention. En avril 2026, la Banque mondiale a approuvé un crédit de 250 millions de dollars pour la première phase du programme de transformation urbaine et d’emplois « Kin la Belle ». L’opération prévoit des points de collecte, des stations de transfert et un centre intégré de gestion des déchets. Elle doit aussi préparer des partenariats public-privé permettant à des opérateurs de participer durablement au système.

Cette première phase vise une amélioration de la collecte pour trois millions d’habitants et la création de 70 000 emplois mieux rémunérés, avec une priorité accordée aux jeunes et aux femmes. La Banque mondiale prévoit également la construction de la première décharge sanitaire moderne de la ville et le traitement de 3,3 millions de tonnes supplémentaires sur la durée du projet.

L’économie du programme repose sur plusieurs métiers : précollecte dans les quartiers, transport vers les stations, exploitation des équipements, tri des matières recyclables et gestion du site final. Les petites entreprises congolaises déjà actives dans la collecte et le recyclage doivent être intégrées au système formel aux côtés d’opérateurs disposant de capacités techniques plus importantes.

La Task Force présidentielle apporte à ce chantier une chaîne de commandement et un rythme de reporting. Le programme financé par la Banque mondiale fournit les investissements nécessaires aux équipements et aux infrastructures. Leur articulation déterminera la continuité du service après les premières opérations visibles.

À Kinshasa, le prochain indicateur ne sera donc pas seulement le nombre d’avenues nettoyées. Il portera sur les tonnes collectées chaque jour, les communes effectivement desservies et la capacité de la ville à empêcher le retour des déchets dans les rues et les cours d’eau.

DecryptEco
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