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ONU : Kinshasa engage une réflexion internationale sur la gouvernance des minerais stratégiques

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  • La République démocratique du Congo met à profit sa présidence du Conseil de sécurité des Nations unies pour ouvrir un débat sur les insuffisances du droit international face à l’exploitation des ressources naturelles dans les zones de conflit, avec l’objectif de faire évoluer les règles qui encadrent les chaînes d’approvisionnement mondiales.

  • Cette initiative précède le débat de haut niveau du 22 juillet, présidé par le chef de l’État Félix Tshisekedi, qui entend inscrire la gouvernance des ressources naturelles parmi les enjeux de paix, de sécurité et de prospérité.

Les ressources naturelles occupent une place croissante dans les débats internationaux. À New York, la République démocratique du Congo profite de sa présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies pour lancer une réflexion sur l’évolution du cadre international qui régit l’exploitation des minerais dans les zones de conflit.

La réunion, organisée le 13 juillet 2026 selon la formule « Arria », sous la présidence de la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a réuni diplomates, organisations régionales, experts et représentants de la société civile autour d’une même préoccupation : combler les lacunes juridiques qui continuent d’alimenter les économies de guerre.

Les échanges doivent nourrir le débat de haut niveau du 22 juillet, au cours duquel la RDC entend proposer des pistes pour renforcer la gouvernance internationale des ressources naturelles.

Des règles communes pour les chaînes d’approvisionnement

Outre le constant, Kinshasa plaide pour l’élaboration de principes internationaux permettant d’harmoniser les exigences de traçabilité, de diligence raisonnable et de transparence dans les filières extractives.

Cette demande trouve un écho dans plusieurs affaires récentes. Le 25 juin 2026, les États-Unis ont sanctionné la raffinerie rwandaise Gasabo Gold Refinery, plusieurs de ses dirigeants ainsi que des sociétés minières rwandaises.

Selon le département américain du Trésor, ces entités auraient facilité la commercialisation d’or provenant de zones contrôlées par le M23 dans l’est de la RDC. Washington affirme qu’au moins 60 kilogrammes d’or, représentant plusieurs millions de dollars, auraient été transférés vers Kigali avant d’être raffinés puis réintroduits sur les marchés internationaux sous une autre apparence commerciale.

Dans leur dernier rapport, les experts des Nations unies décrivent des circuits de contrebande qui continuent d’acheminer des minerais congolais vers le Rwanda, où ils sont intégrés dans des filières d’exportation plus difficiles à retracer. Pour le Conseil de sécurité, ces trafics demeurent l’une des principales sources de financement des groupes armés actifs dans l’est de la RDC.

Les chiffres publiés par Global Witness illustrent l’ampleur du phénomène. Selon l’organisation, plus de 2 000 tonnes de coltan auraient quitté illégalement la mine de Rubaya depuis sa prise de contrôle par le M23. Ce gisement représente environ 15 % de l’approvisionnement mondial en tantale, un métal indispensable à la fabrication des smartphones, ordinateurs, équipements médicaux, satellites et véhicules électriques.

L’ONG estime également que les taxes perçues sur cette filière procureraient près de 800 000 dollars par mois au mouvement rebelle.

Pour Kinshasa, ces exemples montrent les limites des dispositifs actuels de contrôle. Lorsqu’un minerai extrait dans une zone de conflit peut être mélangé, raffiné puis exporté sous une autre origine, sa traçabilité devient beaucoup plus difficile à établir. La RDC estime que cette faille prive le pays d’une partie de ses recettes minières tout en alimentant durablement les économies de guerre. C’est précisément cette faiblesse que les autorités congolaises souhaitent voir prise en compte dans les futures règles internationales.

Le rendez-vous du 22 juillet

Cette réunion prépare le débat public de haut niveau que présidera le président Félix Tshisekedi le 22 juillet au Conseil de sécurité. Les autorités congolaises souhaitent convaincre les États membres que la gouvernance des ressources naturelles doit être davantage intégrée aux politiques de prévention des conflits, de consolidation de la paix et de développement durable.

Le document de travail distribué par la RDC invite également les États à examiner la faisabilité politique d’un cadre normatif plus harmonisé, qui pourrait, à terme, déboucher sur de nouveaux instruments ou initiatives du Conseil de sécurité.

Une position renforcée par les minerais critiques

Cette initiative intervient dans un contexte de forte concurrence mondiale pour l’accès aux minerais critiques. Premier producteur mondial de cobalt et acteur majeur du cuivre, la RDC, dotée d’un sous-sol richissime estimé à plus de 24 mille Milliards en termes de potentiel minier, occupe une place stratégique dans les chaînes de valeur de la transition énergétique. Batteries, réseaux électriques, centres de données, intelligence artificielle et véhicules électriques dépendent de plus en plus d’un approvisionnement stable en minerais stratégiques, ce qui place la gouvernance de ces ressources au cœur des enjeux économiques et géopolitiques.

DecryptEco
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