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Sud-Kivu : la RDC s’appuie sur Azania Group pour digitaliser ses frontières et récupérer 33 millions USD perdus chaque mois

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  • La RDC veut numériser ses procédures frontalières afin de lutter contre la fraude, le dumping et les pertes de recettes publiques, estimées à près de 33 millions de dollars par mois dans la province du Sud-Kivu.

  • Le Sud-Kivu servira de province pilote avant un éventuel déploiement national du système, avec l’appui technique du groupe tanzanien Azania Group.

Réuni, le mercredi 17 Juin 2026 à Kinshasa, avec le gouverneur du Sud-Kivu, Jean-Jacques Purusi Sadiki, et le CEO d’Azania Group, Mohamed Eidha Awadh, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a annoncé l’accélération de la mise en place d’un système de digitalisation des procédures frontalières.

L’objectif est à la fois de sécuriser davantage les recettes publiques et de fluidifier les échanges commerciaux aux frontières.

Cette initiative s’inscrit également dans le cadre du renforcement du Régime Commercial Simplifié (RECOS), mis en œuvre entre la RDC et le Burundi depuis octobre 2024 afin de faciliter les activités des petits commerçants transfrontaliers.

Selon les explications fournies lors de cette rencontre, le futur système numérique permettra notamment de mieux tracer les opérations commerciales et de collecter certaines taxes au-delà des postes frontaliers, conformément aux engagements de la RDC au sein des organisations régionales telles que le COMESA, la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC) et la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Derrière cette réforme se cache un enjeu financier considérable. Chaque mois, près de 33 millions de dollars de recettes échappent aux caisses publiques au Sud-Kivu en raison de la fraude, du commerce informel et des failles dans les mécanismes de perception.

La digitalisation des procédures frontalières est appelée à renforcer le contrôle des flux commerciaux, améliorer la traçabilité des transactions et réduire les pertes de revenus qui privent la province d’importantes capacités d’investissement.

Les ressources supplémentaires attendues pourraient notamment contribuer au financement des infrastructures et à la prise en charge des défis sécuritaires auxquels fait face cette province de l’Est du pays.

Pour accompagner cette transformation, la RDC bénéficiera de l’expertise de la Tanzanie à travers Azania Group, spécialisée dans la digitalisation des procédures frontalières. Le Sud-Kivu servira de laboratoire de cette réforme.

Une évaluation du projet pilote devra être réalisée dans un délai de 45 jours afin d’en mesurer l’efficacité avant une éventuelle extension à l’ensemble du territoire national.

Pour plusieurs experts en gouvernance économique, la numérisation des frontières figure aujourd’hui parmi les instruments les plus efficaces pour réduire les fuites de recettes publiques.

En limitant les interventions manuelles et en renforçant la traçabilité des transactions, les systèmes numériques contribuent à améliorer la transparence, à réduire les risques de fraude et à accroître l’efficacité des administrations fiscales.

Si l’expérience du Sud-Kivu produit les résultats escomptés, elle pourrait ouvrir la voie à une modernisation plus large de la gestion des frontières et du commerce transfrontalier en République démocratique du Congo.

DecryptEco

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