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Belgique–RDC : Kinshasa prépare la récupération de ses archives géologiques pour mieux cartographier son potentiel minier

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  • La RDC et ses partenaires belges et européens ont engagé l’élaboration d’une feuille de route pour la digitalisation et la restitution progressive des archives géologiques nationales conservées à Tervuren.

  • Ces données historiques, qui représentent plusieurs centaines de mètres linéaires de cartes, rapports et relevés géologiques, sont considérées comme un outil stratégique pour l’exploration minière et l’attraction des investissements.

En mission de travail au Royaume de Belgique, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a tenu le mardi 9 juin une séance de travail avec les responsables des archives géologiques relatives au sous-sol congolais ainsi qu’avec les partenaires belges et européens impliqués dans leur processus de digitalisation.

Les échanges ont porté sur la mise en place d’une feuille de route opérationnelle destinée à organiser la numérisation et la restitution progressive à la République démocratique du Congo de données géoscientifiques historiques conservées au Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren.

Ces archives regroupent des cartes géologiques, des rapports de prospection et des études techniques accumulés durant plusieurs décennies sur le sous-sol congolais.

Le gouvernement congolais estime qu’à ces jours, l’enjeu consiste à mettre à la disposition des géoscientifiques nationaux des données fiables et de haute qualité afin d’améliorer la connaissance géologique du territoire, renforcer les capacités d’exploration, orienter les investissements et accélérer la découverte de nouveaux gisements.

D’un point de vue économique, la maîtrise de l’information géologique constitue aujourd’hui un avantage stratégique. Dans l’industrie minière moderne, les données de prospection permettent de réduire les risques liés à l’exploration, d’améliorer l’évaluation des réserves et de raccourcir les délais nécessaires à l’identification de nouveaux projets.

Les experts considèrent ainsi les données géoscientifiques comme le premier maillon de la chaîne de valorisation minière.

Les discussions ont également porté sur le projet PANAFGEO+, lancé à Kinshasa en mars 2026. Cette initiative soutenue par l’Union européenne vise à renforcer les services géologiques africains à travers la digitalisation des données, le partage d’expertise et la modernisation des outils techniques.

À l’issue des travaux, les parties ont convenu de mettre en place une task force chargée du suivi des actions prioritaires et de la mise en œuvre progressive de la feuille de route arrêtée de commun accord.

La délégation congolaise a également visité les archives géologiques et la cartothèque du Musée royal de l’Afrique centrale. À cette occasion, une carte historique de la RDC datant de 1952 a été remise au ministre des Mines en signe de courtoisie institutionnelle.

Cette initiative intervient dans un contexte marqué par les débats récents autour de la gestion de ces archives stratégiques. En février 2026, le Musée royal de l’Afrique centrale avait refusé d’accorder un accès exclusif à la société américaine KoBold Metals, spécialisée dans l’exploration minière assistée par intelligence artificielle. L’institution belge avait alors défendu une numérisation conduite dans un cadre scientifique, en partenariat avec les services géologiques congolais et avec l’appui de l’Union européenne.

Selon les informations rendues parvenues à DecryptEco à l’époque, les archives concernées représentent près de 500 mètres linéaires de documents techniques couvrant la RDC mais également plusieurs pays d’Afrique centrale. Certaines copies numériques ont déjà été transférées aux autorités congolaises dans le cadre des programmes de coopération scientifique engagés depuis plusieurs années.

Pour Kinshasa, la récupération progressive de ces données s’inscrit dans la stratégie de modernisation de la gouvernance minière voulue par le Président Félix Tshisekedi. Au-delà de leur valeur historique, ces archives sont désormais perçues comme un actif stratégique susceptible de renforcer la souveraineté du pays sur la connaissance de son sous-sol et d’améliorer la valorisation de son potentiel minier.

DecryptEco

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