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RDC : devant les élus, Molendo Sakombi présente les leviers de transformation du secteur électrique

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Le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Molendo Sakombi, a apporté des réponses aux préoccupations des députés nationaux membres de la Commission ATI-NTIC, le mardi 05 mai 2026, à l’issue de sa première intervention devant cette instance parlementaire. Un exercice qui a permis de dresser un état des lieux du secteur électrique, tout en clarifiant les orientations stratégiques du gouvernement.

Au cœur des échanges, le ministre a mis en avant plusieurs avancées concrètes. Parmi celles-ci, l’opérationnalisation de la centrale hydroélectrique de Kakobola, considérée comme un projet structurant pour l’approvisionnement énergétique dans le centre du pays. À cela s’ajoute l’approbation par la Banque mondiale d’un financement de 250 millions de dollars, correspondant à la première phase du Programme de développement du secteur de l’électricité (PDI3), inscrit dans une enveloppe globale d’un milliard de dollars.

Au-delà des annonces, l’intervention du ministre a permis d’éclairer plusieurs mécanismes clés de gouvernance du secteur. Il a notamment détaillé la politique d’électrification rurale portée par l’Agence nationale de l’électrification et des services énergétiques en milieux rural et périurbain (ANSER), ainsi que le rôle de régulation assuré par l’Autorité de régulation de l’électricité.

Les discussions ont également porté sur la mise en œuvre du Compact énergétique, la situation de la SINELAC, ainsi que sur la problématique persistante des dettes croisées entre acteurs publics du secteur.

Une équation économique encore fragile

Derrière ces avancées institutionnelles et techniques, la question centrale reste celle de la soutenabilité économique du modèle énergétique congolais. Le secteur de l’électricité en République démocratique du Congo se caractérise par une faible capacité de production par rapport à la demande, une couverture nationale encore limitée et une forte dépendance aux financements extérieurs.

L’appui de la Banque mondiale, bien que structurant, traduit en creux la difficulté à mobiliser des ressources internes suffisantes pour financer les infrastructures énergétiques. Cette dépendance pose la question de la viabilité à long terme des investissements, dans un contexte où les recettes du secteur restent contraintes par un faible taux de recouvrement et des tarifs souvent en décalage avec les coûts réels de production.

Par ailleurs, la problématique des dettes croisées entre entreprises publiques illustre une fragilité systémique. Elle limite la capacité d’investissement des opérateurs, freine la maintenance des infrastructures existantes et pèse sur la qualité du service fourni aux usagers. Sans une réforme profonde de la chaîne de valeur ; de la production à la distribution, ces déséquilibres risquent de perdurer.

L’électricité comme catalyseur de croissance

Dans ce contexte, le gouvernement ambitionne de faire de l’électricité un levier structurant du développement et de l’industrialisation. Cette ambition repose sur quatre piliers : le déploiement de grands projets structurants, l’accélération de l’électrification rurale, la mobilisation des investissements privés et la poursuite des réformes institutionnelles.

Sur le plan économique, l’enjeu est majeur. L’accès à une énergie fiable et abordable constitue une condition essentielle à la transformation structurelle de l’économie congolaise. Il conditionne la compétitivité des entreprises, la montée en gamme industrielle et l’attractivité du pays pour les investisseurs.

Toutefois, la réussite de cette stratégie dépendra de la capacité à créer un environnement crédible pour les investisseurs privés, à renforcer la gouvernance du secteur et à instaurer un équilibre financier durable. À défaut, les ambitions affichées pourraient se heurter aux contraintes structurelles qui freinent, depuis plusieurs décennies, le développement énergétique du pays.

DecryptEco

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