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RDC : Tshisekedi place la MONUSCO face à ses responsabilités opérationnelles

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Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a reçu, le mardi 14 avril 2026 dans la soirée, le nouveau représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en RDC et chef de la MONUSCO, James Swan, pour un entretien de prise de contact marqué par des enjeux dépassant le seul cadre sécuritaire.

Au centre des échanges, la mise en œuvre du nouveau mandat confié à la Mission des Nations unies à travers la résolution 2808 du Conseil de sécurité, ainsi que les responsabilités opérationnelles issues de la résolution 2773. Deux textes qui redéfinissent le rôle de la MONUSCO dans une séquence où la question sécuritaire est indissociable des équilibres économiques du pays.

Une mission sécuritaire aux implications économiques directes

Derrière les termes techniques, l’objectif est de renforcer l’effectivité du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu, négocié dans les cadres diplomatiques de Washington et de Doha.

Ce mécanisme vise à stabiliser les zones affectées par les conflits armés, notamment dans l’Est du pays. Mais au-delà de la sécurité, l’impact est aussi économique. Chaque zone échappant au contrôle de l’État constitue une perte directe de recettes fiscales, une perturbation des chaînes d’approvisionnement et un frein à l’investissement.

Dans ces territoires, la présence d’administrations parallèles illégitimes crée des circuits économiques informels, souvent opaques, qui échappent au budget national. La normalisation de ces espaces apparaît ainsi comme une condition préalable à toute stratégie de consolidation des finances publiques.

Autorité de l’État et reconquête des bases fiscales

Le démantèlement de ces structures parallèles constitue l’un des points les plus sensibles du mandat. Il ne s’agit pas uniquement d’un objectif politique ou militaire, mais d’un levier de souveraineté économique.

Dans un pays où une part significative de l’activité reste informelle, la reconquête territoriale permet de réintégrer progressivement des bases fiscales aujourd’hui hors de portée. Cela concerne aussi bien les ressources naturelles que les flux commerciaux locaux.

À terme, cette dynamique peut contribuer à améliorer la mobilisation des recettes internes, un enjeu central pour un État encore dépendant de financements extérieurs, qu’il s’agisse d’appuis budgétaires ou d’émissions sur les marchés internationaux.

Un test de crédibilité pour la MONUSCO et ses partenaires

Pour les autorités congolaises, l’entretien avec James Swan marque une attente de résultats. Le nouveau mandat engage la MONUSCO dans un rôle plus opérationnel, au moment où la population exprime une exigence accrue d’efficacité.

Sur le plan international, cette séquence est également observée de près par les partenaires financiers du pays. La stabilité sécuritaire reste un déterminant clé de la perception du risque souverain. Elle influence directement le coût du financement, l’attractivité des investissements et la capacité du pays à transformer ses ressources en croissance durable.

Une équation sécurité–économie toujours fragile

Cet échange met en lumière une réalité structurelle. En RDC, la sécurité n’est pas un préalable abstrait à l’économie. Elle en est une composante directe.

Sans stabilisation durable des zones sous tension, les efforts engagés en matière de réformes économiques, de mobilisation des recettes ou de financement du développement restent partiellement neutralisés. À l’inverse, une amélioration tangible sur le terrain pourrait produire un effet d’entraînement sur l’ensemble des indicateurs macroéconomiques.

Cela dépasse la seule exécution d’un mandat onusien et renvoie à la capacité de l’État congolais à reconstituer, territoire par territoire, les fondements de sa souveraineté économique, indique un expert en gouvernance publique.

DecryptEco

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