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RDC : en 2026, le taux directeur de la BCC ramené à 13,5 % après une baisse cumulée de 400 points de base

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La Banque Centrale du Congo a de nouveau desserré sa politique monétaire. Réuni, le 09 avril 2026 sous la présidence du gouverneur André Wameso, le Comité de politique monétaire a abaissé le taux directeur de 15 % à 13,5 %, soit une baisse de 150 points de base. Additionnée à celle de janvier, quand le taux était passé de 17,5 % à 15 %, la détente cumulée atteint désormais 4 points de pourcentage, soit 400 points de base, en trois mois.

Cette inflexion n’est pas isolée. Elle prolonge le tournant engagé à la fin de 2025, lorsque la BCC a durci la gestion de la liquidité, notamment via l’actualisation de la réserve obligatoire cristallisée, que la banque centrale présente elle-même comme un facteur déterminant de la désinflation. À fin décembre 2025, l’inflation en glissement annuel était tombée à 2,27 %, contre 11,69 % un an plus tôt. En avril, la BCC a justifié la nouvelle baisse du taux par une inflation toujours faible, à 2,2 % fin mars 2026, et par une activité économique jugée résiliente.

Sous André Wameso, les actions phares ne se limitent donc pas au seul taux directeur. La BCC a aussi maintenu un suivi serré de la liquidité bancaire, engagé une dédollarisation plus affirmée des transactions en devises et confirmé une stratégie de renforcement des réserves, notamment via l’accumulation d’or monétaire. Dans le même temps, l’institution relève que le franc congolais est resté globalement stable : légèrement apprécié sur le segment parallèle depuis le début de l’année, mais en dépréciation de 3,08 % sur le marché officiel.

En guisede pédagogie, un expert du secteurexplique :  » quand l’inflation ralentit et que le change cesse d’être la principale source de stress, la banque centrale peut réduire le coût de l’argent pour soutenir le crédit et l’activité. C’est d’ailleurs une logique observée ailleurs en Afrique. »

En Afrique du Sud, indiquons-le, banque centrale a commencé à baisser son repo rate en septembre 2024 puis encore en janvier 2025, en invoquant une inflation revenue près de sa cible. Au Ghana, la banque centrale a ramené en mars 2026 son taux directeur à 14 %, après une forte désinflation et une amélioration des conditions macroéconomiques.

Les grandes institutions financières défendent la même lecture : lorsque les pressions inflationnistes s’atténuent, les banques centrales africaines peuvent assouplir leur politique, mais à condition de préserver leur crédibilité, de résister à la domination budgétaire et de garder une stratégie cohérente sur la dette et les dépenses publiques.

C’est le point de vigilance pour la RDC : la stabilisation monétaire est là, mais sa durabilité dépendra désormais davantage de la discipline budgétaire que de la seule action de la BCC.

DecryptEco

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