Le gouverneur de la Banque Centrale du Congo, André Wameso, a pris part, le mardi 14 avril 2026, à la réunion des ministres et gouverneurs du G-24, organisée en marge des Assemblées de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.
Les échanges ont porté sur un enjeu central, la transformation économique inclusive et la création d’emplois dans les pays en développement.
Dans un contexte international marqué par une montée des incertitudes, deux dynamiques ont structuré les discussions. D’une part, l’essor de l’intelligence artificielle, qui redessine les modèles productifs et pose la question de l’adaptation des marchés du travail. D’autre part, la crise au Moyen-Orient, dont les effets indirects pèsent sur les économies émergentes via les prix de l’énergie, les chaînes d’approvisionnement et la confiance des investisseurs.
La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, ainsi que les représentants de la Banque mondiale, ont réaffirmé leur volonté d’intensifier l’accompagnement des États membres.
L’objectif est de soutenir des politiques capables de concilier stabilité macroéconomique, inclusion sociale et résilience face aux chocs externes.
Pour la RDC, cette séquence intervient dans une phase de consolidation macroéconomique encore fragile.
La participation de la Banque centrale à ces travaux traduit une volonté d’alignement avec les standards internationaux en matière de politique monétaire, de régulation financière et de gestion des risques.
Du point de vue des banques centrales, trois axes ressortent. Premièrement, l’intégration des technologies numériques, dont l’intelligence artificielle, suppose des investissements dans les infrastructures et les compétences, faute de quoi le risque d’exclusion économique s’accentue.
Deuxièmement, la volatilité externe, notamment énergétique, impose un pilotage monétaire plus prudent. Pour une économie comme la RDC, fortement dépendante des importations stratégiques, la stabilité du taux de change et la gestion des réserves deviennent des priorités opérationnelles.
Enfin, la question de l’emploi reste centrale. La transformation économique ne peut produire d’effets durables sans une base productive élargie. Cela renvoie à un défi structurel pour la RDC, diversifier son économie au-delà des matières premières afin de créer des emplois à plus forte valeur ajoutée.
Dans cet environnement, la coordination avec le FMI et la Banque mondiale apparaît moins comme une option que comme un levier pour renforcer la crédibilité et soutenir les trajectoires de réforme.
DecryptEco
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