Le Vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, a reçu le mardi 14 avril 2026, une délégation britannique conduite par l’économiste Dennis Novy, accompagnée de l’ambassadrice Alyson King. Au centre des échanges, le renforcement de la coopération bilatérale dans le secteur des transports et l’évolution d’un projet structurant pour l’économie congolaise, le port en eau profonde de Banana.
Ce projet, développé notamment avec le groupe DP World et soutenu financièrement par British International Investment, s’inscrit dans une logique de transformation logistique.
Il vise à doter la République démocratique du Congo d’une véritable porte maritime autonome, sur une façade côtière limitée mais stratégique.
Selon les dernières indications du directeur général de DP World RDC, la mise en service est désormais attendue dans un délai compris entre 18 et 20 mois, soit entre mars et mai 2027.
Ce calendrier intervient après plusieurs ralentissements depuis le lancement du chantier en janvier 2022. La reprise des travaux, couplée à un engagement financier britannique d’environ 35 millions USD sur un coût global estimé à 1,2 milliard USD, marque une phase d’accélération.
Sur le plan technique, la première phase prévoit un quai de 600 mètres, capable de traiter environ 322 000 conteneurs par an, avec des extensions programmées. Mais l’enjeu dépasse largement l’infrastructure elle-même. Aujourd’hui, la RDC dépend fortement de ports étrangers comme Port de Pointe-Noire, Port de Dar es Salaam ou Port de Lobito pour ses importations et exportations, ce qui renchérit les coûts et allonge les délais.
Dans ce contexte, le port de Banana apparaît comme un levier de souveraineté économique.
Une étude de British International Investment estime que l’infrastructure pourrait réduire les coûts du commerce d’environ 12 %, générer près de 85 000 emplois et stimuler jusqu’à 1,12 milliard USD d’échanges supplémentaires. L’impact macroéconomique attendu est évalué à 0,65 % du PIB.
Le facteur déterminant reste toutefois le respect du calendrier. Avec une livraison annoncée à l’horizon 2027, le projet se situe dans une fenêtre critique. Un décalage prolongé risquerait de maintenir la dépendance logistique actuelle et de différer les gains attendus en compétitivité. Une mise en service dans les délais permettrait, de son côté, d’amortir plus rapidement les investissements engagés et de capter une partie des flux commerciaux régionaux.
Dans cette perspective, l’implication du Royaume-Uni ne se limite pas à un appui financier. Elle traduit un positionnement stratégique sur un projet appelé à redéfinir les circuits d’approvisionnement de la RDC et, plus largement, à renforcer son intégration dans le commerce international.
DecryptEco
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