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RDC : le gouvernement lève 1,25 milliard USD sur les marchés internationaux avec sa première émission d’Eurobonds

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La République démocratique du Congo accède pour la première fois aux marchés financiers internationaux. Le pays a réalisé, ce jeudi 9 avril 2026, une émission d’Eurobonds qui lui a permis de mobiliser 1,25 milliard de dollars. L’opération repose sur deux obligations souveraines. La première, d’un montant de 600 millions USD, est émise sur 5 ans avec un taux d’intérêt de 8,75 %. La seconde, de 650 millions USD, arrive à échéance dans 10 ans avec un coupon de 9,5 %. Cette levée de fonds s’inscrit dans un programme plus large autorisé par le gouvernement, qui prévoit jusqu’à 1,5 milliard USD d’émissions en devises sur l’ensemble de l’année 2026.

Concrètement, ce type d’opération permet à l’État d’emprunter directement auprès des investisseurs internationaux. Cela diversifie les sources de financement, au-delà des bailleurs traditionnels, et offre des ressources immédiates pour financer les besoins publics.

L’opération a été structurée avec l’appui d’acteurs financiers de premier plan. La banque internationale Citigroup a joué un rôle central dans la mise en place et le placement des titres auprès des investisseurs. Elle a été accompagnée, selon plusieurs sources, par Rawbank, qui a assuré un relais local. Le conseil financier a été confié à Rothschild & Co, tandis que le cabinet White & Case LLP est intervenu sur les aspects juridiques. Ce montage permet d’aligner l’opération sur les standards internationaux et de renforcer la confiance des investisseurs.

Cette démarche s’appuie sur des indicateurs macroéconomiques relativement stables. À fin 2024, la dette publique était estimée à environ 18,5 % du PIB, un niveau inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Ce niveau modéré donne au pays une capacité d’endettement supplémentaire et rassure en partie les investisseurs.

Les conditions obtenues restent néanmoins élevées. Les taux proches de 9 % reflètent le niveau de risque perçu. Ils traduisent les incertitudes liées notamment au contexte sécuritaire et à l’environnement institutionnel.

La RDC est actuellement notée B3 par Moody’s, ce qui correspond à une catégorie dite spéculative. Cela signifie que les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour compenser les risques.

Un autre facteur important concerne la conformité financière. La présence du pays sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI) reste un élément de vigilance pour les marchés. Elle renvoie à des insuffisances en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Les autorités indiquent avoir exécuté près de 90 % du plan d’action demandé, avec des réformes déjà engagées sur le plan juridique et institutionnel. Pour les investisseurs, l’enjeu est désormais de voir ces réformes produire des résultats concrets et durables.

Cette première émission montre que la RDC peut mobiliser des financements sur les marchés internationaux. La suite dépendra de la capacité du pays à maintenir la stabilité économique, à renforcer la transparence financière et à améliorer durablement la perception du risque.

DecryptEco

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