Au 31 mars 2026, les recettes mobilisées par les régies financières se sont établies à 2 119,4 milliards de francs congolais, tandis que les dépenses publiques ont atteint 3 125,5 milliards de CDF, renseigne la dernière note de conjoncture économique de la banque centrale du Congo.
L’écart entre les deux agrégats atteint 1 006,1 milliards de CDF, un niveau qui met en évidence la pression persistante sur les finances publiques.
Une semaine plus tôt, soit au 26 mars 2026, les régies financières avaient mobilisé 1 605,2 milliards de CDF, alors que les prévisions s’élevaient à 2 281,2 milliards. Ce décalage traduit un manque à gagner important, qui limite la capacité de l’État à couvrir ses engagements. La progression enregistrée entre le 26 et le 31 mars montre un effort de mobilisation en fin de période, mais celui-ci reste insuffisant pour combler l’écart avec les dépenses,indique un think tank du secteur.
Pour plusieurs laboratoires d’idées, cette dynamique met en lumière un déséquilibre structurel. D’un côté, les recettes évoluent, mais de manière irrégulière et en deçà des objectifs. De l’autre, les dépenses publiques demeurent élevées et difficiles à contenir à court terme. Dans ce contexte, la question centrale devient celle du contrôle de la dépense.
Plusieurs leviers peuvent être activés pour freiner l’augmentation des dépenses. Le premier concerne la discipline budgétaire. Cela passe par un encadrement plus strict des engagements de dépenses, en particulier en limitant les dépenses non prioritaires et en renforçant les mécanismes d’autorisation préalable.
Le second levier est celui de la rationalisation des charges de fonctionnement. Les dépenses administratives, souvent rigides, peuvent être réduites par une meilleure gestion des effectifs, la mutualisation des services ou encore la digitalisation des procédures, qui permet de limiter les coûts opérationnels.
Un troisième axe porte sur la priorisation des investissements publics. Dans un contexte de ressources contraintes, l’État peut concentrer ses dépenses sur les projets à fort impact économique et social, tout en reportant ou en réévaluant ceux dont la rentabilité est faible ou incertaine.
Enfin, indiquent nos sources, le renforcement du suivi et de l’évaluation des dépenses apparaît essentiel. Une meilleure traçabilité des flux financiers et un contrôle accru de l’exécution budgétaire permettent de réduire les inefficacités et les dérapages.
L’évolution observée entre le 26 et le 31 mars illustre ainsi un double enjeu pour les finances publiques congolaises. Accroître la mobilisation des recettes reste nécessaire, mais ne suffira pas sans une maîtrise plus rigoureuse des dépenses, convient-elles.
DecryptEco
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