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La RDC prépare son entrée dans la Banque africaine de l’énergie, une institution créée par l’APPO et Afreximbank avec un capital autorisé de 5 milliards USD pour financer des projets pétroliers, gaziers et énergétiques sur le continent.
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Pour Kinshasa, l’intérêt dépasse la prise de participation : cette banque pourrait devenir une source de financement pour le raffinage, le transport et le stockage des hydrocarbures, à condition que les projets congolais soient suffisamment préparés pour attirer les capitaux.
Le gouvernement congolais accélère les préparatifs en vue de l’entrée de la République démocratique du Congo dans la Banque africaine de l’énergie. La ministre d’État chargée des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a échangé, le jeudi 24 septembre 2026 à Kinshasa, avec une délégation de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), autour de la ratification du traité fondateur, de la participation congolaise au capital et d’une coopération entre la Société africaine d’investissement en énergie (AEICORP) et la SONAHYDROC.
« Je reste très confiant que la RDC fera tout pour être membre fondateur de cette banque. Nous pensons qu’elle fera un paiement initial et ratifiera le traité de création », a déclaré Zakaria Dosso, directeur général de l’AEICORP.
Créée conjointement par l’APPO et Afreximbank, la Banque africaine de l’énergie doit répondre au resserrement de l’accès aux capitaux pour plusieurs projets énergétiques africains.

Son capital social autorisé est fixé à 5 milliards USD. Ce montant ne correspond toutefois pas à des ressources déjà entièrement disponibles : la mise en activité de l’institution passe encore par les souscriptions et les contributions de ses États membres.
Sa mission doit couvrir plusieurs segments de la chaîne énergétique : exploration et production pétrolières et gazières, raffineries, pipelines, stockage, terminaux et infrastructures facilitant les échanges énergétiques entre pays africains.
La banque est pensée comme un outil permettant de mobiliser davantage de capitaux africains pour des projets qui rencontrent des difficultés croissantes à obtenir des financements auprès de certaines institutions internationales.
Pour la RDC, l’intérêt pourrait être concret. Le pays cherche encore à renforcer ses capacités de raffinage, de transport et de stockage des produits pétroliers. Une participation au capital rapprocherait Kinshasa d’une institution susceptible de structurer ou de cofinancer ces investissements, notamment aux côtés d’entreprises publiques, d’investisseurs privés et d’autres institutions financières africaines.
L’accès à ces ressources ne sera cependant pas automatique. Une banque de développement finance d’abord des projets capables de démontrer leur viabilité économique, leur capacité de remboursement et la maîtrise de leurs risques.
La RDC devra donc convertir ses ambitions énergétiques en dossiers suffisamment structurés : études de faisabilité, coûts précis, modèle économique, partenaires industriels, garanties et calendrier d’exécution. Le rapprochement annoncé entre la SONAHYDROC et AEICORP prend ici une importance particulière.
Il pourrait permettre à l’entreprise publique congolaise de mieux structurer certains investissements et de rechercher des financements au-delà des seules ressources budgétaires de l’État.
Aucun montant précis ni projet bénéficiant déjà d’un financement de la future banque n’a toutefois été annoncé à l’issue de la rencontre.
Pour les experts, la question est également celle de la valeur créée localement. Financer uniquement l’extraction augmenterait la production, mais une combinaison avec des capacités de raffinage, de stockage, de transport et de services locaux pourrait générer davantage d’emplois et réduire certaines dépendances aux importations de produits pétroliers raffinés.

Acacia Bandubola occupe actuellement la vice-présidence de l’APPO. L’organisation poursuit parallèlement les travaux nécessaires au lancement de sa banque énergétique et à la mobilisation du capital attendu auprès des États membres.
Pour la RDC, la prise de participation ne constituerait donc que le point de départ. L’avantage économique viendra surtout de sa capacité à transformer cette présence institutionnelle en financements effectivement mobilisés, puis en infrastructures énergétiques opérationnelles sur le territoire congolais.
DecryptEco | RDC & Afrique
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