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Minerais critiques : Judith Suminwa propose à l’ONU un cadre mondial de traçabilité et de transformation locale

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  • À New York, Judith Suminwa Tuluka a proposé la création, sous l’égide des Nations unies et avec l’Union africaine, d’un cadre mondial destiné à rendre les chaînes de minerais critiques plus traçables, responsables et favorables à la transformation locale.

  • Cette ambition intervient alors que la RDC cherche aussi à mieux maîtriser l’information sur son propre sous-sol : un programme de 180 millions USD confié à Xcalibur doit renforcer la cartographie géologique d’un territoire dont seulement environ 20 % aurait été systématiquement exploré.

La Première ministre Judith Suminwa Tuluka veut associer transformation industrielle, connaissance du sous-sol et traçabilité dans la stratégie congolaise sur les minerais critiques. À la 81ᵉ Assemblée générale des Nations unies, à New York, elle a proposé un cadre mondial destiné à mieux organiser les chaînes de valeur de ces ressources, de leur extraction jusqu’aux marchés internationaux.

« Nous ne voulons plus être seulement le sous-sol de l’économie mondiale, nous entendons en devenir un atelier, un laboratoire et un partenaire souverain », a-t-elle déclaré.

Kinshasa veut transformer davantage de cobalt et de cuivre localement, développer les précurseurs de batteries et des composants industriels, former des ingénieurs et intégrer davantage d’entreprises congolaises dans les chaînes mondiales. Cette stratégie suppose d’abord de mieux connaître les ressources disponibles.

La RDC a engagé un programme de cartographie géophysique avec l’entreprise espagnole Xcalibur Multiphysics Group.

Le contrat, évalué à 180 millions USD, doit notamment alimenter une banque nationale de données géologiques.

Sur ce segment, Reuters rapporte qu’environ 20 % seulement du territoire congolais aurait fait l’objet d’une exploration géologique systématique.

Une meilleure cartographie peut réduire le risque pour les investisseurs, orienter les recherches vers de nouvelles zones minérales et renforcer la capacité de l’État à négocier l’accès à ses ressources.

À l’autre bout de la chaîne se pose la question de la traçabilité. Pour Judith Suminwa, elle doit accompagner la transparence, la lutte contre la fraude, la formalisation de l’exploitation artisanale et l’objectif de « zéro enfant dans les mines ».

L’Organisation de coopération et de développement économiques (« OCDE ») souligne toutefois qu’une traçabilité efficace ne consiste pas uniquement à enregistrer le parcours d’un minerai : elle exige des données fiables sur son origine, ses détenteurs successifs et les transformations qu’il subit.

La blockchain peut apporter une couche supplémentaire à ce dispositif. En enregistrant les différentes étapes d’un lot dans un registre numérique difficile à modifier rétroactivement, elle peut faciliter le suivi du minerai entre la mine, le négociant, le raffineur et l’industriel.

Mais la technologie ne certifie pas automatiquement la véracité de l’information introduite au départ. Le rapport 2026 de l’OCDE montre d’ailleurs que les systèmes de traçabilité restent fragmentés et que leur efficacité repose aussi sur les audits, la qualité des données, les contrôles et la coopération entre entreprises et pouvoirs publics.

Le discours de New York intervient également au moment où les États-Unis renforcent leur présence dans les minerais congolais.

La Société américaine de financement du développement international (DFC) a notamment manifesté son intérêt pour une prise de participation dans la coentreprise de commercialisation entre Gécamines et Mercuria.

Cette structure a déjà commencé à expédier environ 100 000 tonnes de cuivre destinées aux États-Unis, tandis que Washington cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement en minerais critiques.

La proposition portée par Judith Suminwa relie ainsi plusieurs maillons d’une même politique : mieux identifier les ressources du sous-sol, suivre l’origine des minerais, attirer des capitaux et déplacer progressivement davantage d’activités de transformation vers la RDC.

La valeur économique d’une ressource ne se mesure alors plus seulement à ce qui est extrait, mais aussi à l’information, à la technologie et aux opérations industrielles que le pays parvient à conserver sur son territoire.

DecryptEco | RDC & Afrique

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