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RDC : le gouvernement adopte 3 textes budgétaires, dont un projet de budget 2027 de 24,8 milliards USD

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  • Le Gouvernement a adopté trois textes relatifs aux finances publiques : le projet de Loi de finances 2027, la consolidation budgétaire 2026 et la reddition des comptes de l’exercice 2025. Le budget 2027 est proposé à 57 500 milliards de FC, soit 24,8 milliards USD.

  • Le projet 2027 intervient après une révision à la baisse du budget 2026. Il prévoit davantage de recettes intérieures, tandis que la reddition des comptes 2025 confirme les tensions provoquées notamment par les dépenses sécuritaires.

Lors du Conseil des ministres du vendredi 11 septembre 2026, le Gouvernement congolais a adopté trois textes qui couvrent trois séquences différentes de la gestion des finances publiques : préparer le budget de l’année prochaine, donner une vision consolidée des finances publiques de l’année en cours et arrêter les comptes de l’exercice précédent.

Le Vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, a soumis les deux premiers textes : le projet de Loi de finances 2027 et le projet de Loi de consolidation budgétaire 2026. Le ministre des Finances, Doudou Roussel Fwamba Likunde Li-Botayi, a, pour sa part, présenté le projet de Loi portant reddition des comptes de l’exercice 2025.

Le premier texte prévoit un budget 2027 équilibré en recettes et en dépenses de 57 500 milliards de FC, soit environ 24,8 milliards USD. Le Conseil des ministres le présente en hausse de 12 % par rapport au niveau retenu pour 2026. Les recettes courantes sont projetées à l’équivalent de 17,5 milliards USD, avec une pression fiscale attendue à 12,8 %.

Cette progression doit être replacée dans l’évolution du budget actuellement en vigueur.

La Loi de finances initiale 2026 avait fixé les dépenses à 54 335,8 milliards de FC. Elle a ensuite été revue à la baisse : la loi rectificative promulguée en août ramène le budget du Pouvoir central à 50 866,35 milliards de FC. En francs congolais, cela représente un recul d’environ 6,4 % par rapport au budget initial.

Le projet 2027 remet donc la trajectoire à la hausse. À 57 500 milliards de FC, il dépasserait d’environ 6 634 milliards de FC le budget rectifié de 2026, soit près de 13 % en valeur nominale.

Le Conseil des ministres retient, lui, une progression de 12 % sur la base de l’équivalent en dollars, estimé à 24,8 milliards USD contre environ 22 milliards pour 2026. La différence entre les taux tient notamment aux taux de change utilisés pour convertir les budgets en dollars.

Les ressources extérieures de 2027 sont projetées à 4 milliards USD, dont 973 millions d’appuis budgétaires et environ 3 milliards provenant des partenaires bilatéraux et multilatéraux, avec 529 millions USD d’Eurobonds mentionnés dans cette enveloppe.

Les priorités annoncées portent notamment sur la sécurité, les infrastructures, les secteurs sociaux, la diversification économique et la reconstruction des zones affectées par les conflits.

Le deuxième texte concerne la consolidation budgétaire 2026, un exercice que le pays n’avait plus produit depuis 2015, d’après le compte rendu, en raison des difficultés de collecte des statistiques dans les provinces.

Il vise à réunir dans une même lecture les budgets du Pouvoir central, des provinces et des entités territoriales décentralisées. L’ensemble est évalué à environ 27 milliards USD, dont 22 milliards pour le Pouvoir central, 5 milliards pour les provinces et 182 millions pour les entités territoriales décentralisées (ETD).

Le troisième texte, présenté par Doudou Fwamba, concerne la reddition des comptes 2025.

Ce document confronte ce qui avait été budgété à ce qui a réellement été encaissé et dépensé. Les recettes du Pouvoir central se sont établies à 40 559,66 milliards de FC, soit 80,01 % des prévisions, tandis que les recettes internes ont atteint 27 849,49 milliards de FC, soit près de 91 % des prévisions.

Certaines catégories ont dépassé leurs assignations : 9 996,86 milliards de FC pour les impôts hors pétroliers et miniers, soit 117,28 %, 4 892,69 milliards pour les douanes et accises hors minières, soit 123,23 %, et 2 655,81 milliards pour les recettes non fiscales encadrées par la DGRAD, soit 105,83 %.

Les dépenses ont atteint 40 661,41 milliards de FC. Après prise en compte du déficit du Budget général et des excédents des budgets annexes et comptes spéciaux, le déficit consolidé a été ramené à 101,75 milliards de FC.

Le Gouvernement indique que le déficit du Budget général a surtout été financé par les bons et obligations du Trésor ainsi que par les appuis budgétaires, sans financement monétaire direct.

L’analyse du FMI permet surtout de comprendre pourquoi les autorités cherchent aujourd’hui à renforcer les recettes tout en maintenant une discipline sur les dépenses.

Lors de sa troisième revue du programme congolais en juin 2026, l’institution a constaté que la RDC avait manqué à fin 2025 son objectif de solde budgétaire intérieur, en raison principalement de dépenses de sécurité plus élevées que prévu au dernier trimestre.

Pour 2026, le FMI considère la situation budgétaire comme globalement gérable, mais souligne que les dépenses sécuritaires continuent de peser sur les comptes publics.

Le lien avec le budget 2027 est donc assez direct : augmenter l’enveloppe ne suffit pas si les recettes ne suivent pas.

Le FMI projette les recettes et dons de l’administration centrale à 14,9 % du PIB en 2026 et 15,1 % en 2027, tandis que les dépenses passeraient de 17,3 % à 17,5 % du PIB.

Le projet présenté par Adolphe Muzito repose ainsi sur une hausse de la mobilisation intérieure, tout en conservant un recours aux financements extérieurs.

DecryptEco | RDC & Afrique

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