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Près d’un Congolais sur cinq ne sait ni lire ni écrire, malgré l’élargissement de l’accès à l’école primaire depuis la gratuité instaurée en 2019.
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La Banque mondiale situe l’indice de capital humain de la RDC à 0,366, dernière valeur disponible, plaçant le pays parmi les plus faibles de la sous-région.
La République démocratique du Congo reste confrontée à un lourd déficit d’alphabétisation. Plus de 23 millions de Congolais ne savent ni lire ni écrire, soit près de 20 % de la population. C’est ce qu’a indiqué Ève Bazaiba Masudi, la ministre d’État aux Affaires sociales.

La ministre s’est exprimée ainsi le 08 septembre 2026 à Kenge, dans le Kwango, à l’occasion de la 60ᵉ Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée cette année sous le thème « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité ».
Eve Bazaiba a appelé à un programme national spécifique pour réduire durablement l’analphabétisme, une obligation également inscrite dans la Constitution congolaise.
Le chiffre de 23 millions montre surtout que l’accès à l’école ne suffit pas à lui seul. Depuis septembre 2019, la gratuité de l’enseignement primaire public a considérablement réduit la barrière financière qui maintenait de nombreux enfants hors des classes.
La Banque mondiale estimait déjà que cette réforme avait permis à environ 2,5 millions d’enfants supplémentaires d’accéder à l’école. Cette politique constitue donc un premier rempart contre la fabrication de nouvelles générations d’analphabètes.
Mais pour les experts, elle devrait être accompagnée par la qualité de l’apprentissage, le maintien des enfants dans le cursus et des programmes de récupération pour les jeunes et adultes déjà sortis du système scolaire.
Les données de la Banque mondiale illustrent cette fragilité. L’indice de capital humain de la RDC s’établit à 0,366 sur 1 en 2020, dernière donnée disponible.
Cet indicateur mesure notamment ce qu’un enfant pourra atteindre en matière de productivité future compte tenu de son niveau d’éducation et de santé. À titre comparatif, le Kenya affichait 0,547, la Tanzanie 0,390, le Burundi 0,386, l’Ouganda 0,384, Seul le Soudan du Sud, à 0,307, faisait moins bien dans ce groupe de pays.
Le constat relie ainsi directement alphabétisation et capacité économique. Un pays peut disposer d’importantes ressources naturelles, mais une population insuffisamment formée limite la productivité, l’accès à l’emploi qualifié et la transformation de ces ressources en richesse durable, explique un expert en gouvernance publique.
À Kenge, l’appel à un « nouveau départ » ramène donc la politique éducative à deux priorités complémentaires : empêcher que les enfants d’aujourd’hui deviennent les analphabètes de demain grâce à la gratuité et à une école de qualité, tout en récupérant les millions d’adultes déjà laissés en marge de l’apprentissage. Pour approfondir la situation en RDC
DecryptEco
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