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Le Burkina Faso a mobilisé 151,5 milliards FCFA via ses « Diaspora Bonds », contre 125 milliards visés, soit plus de 121 % de couverture.
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85 milliards FCFA sont déjà orientés vers l’industrie et les mines, tandis que la cotation à la BRVM ouvre ces titres au marché secondaire.
Le Burkina Faso donne une dimension boursière à son « Emprunt patriotique ». Les deux « Diaspora Bonds » ayant permis de mobiliser 151,5 milliards de FCFA sont désormais cotés à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), avec l’ambition d’orienter une partie de l’épargne burkinabè vers l’industrie, les mines et d’autres investissements productifs.
Cette mobilisation intervient alors que les transferts de la diaspora représentent une source importante de capitaux pour le continent.
D’après la Banque africaine de développement (BAD), ils ont atteint 104,8 milliards USD en 2024, devant l’aide publique au développement et les investissements directs étrangers (IDE).
L’option du Diaspora Bond consiste à transformer une partie de ces ressources, généralement orientées vers la consommation des ménages, en épargne de moyen et long termes destinée au financement de l’économie.
Émis entre le 6 mai et le 6 juin 2026, les emprunts burkinabè ont recueilli 151,5 milliards de FCFA, contre 125 milliards recherchés, soit un taux de couverture supérieur à 121 %. Les obligations à cinq ans offrent un rendement annuel de 6,75 %, contre 6,85 % pour celles à sept ans.
« Ces émissions vont au-delà d’une simple opération de levée de ressources et consacrent un choix stratégique : celui de mobiliser l’épargne de la diaspora au service du financement du Burkina Faso, par le Marché Financier Régional de l’UEMOA », explique le directeur général de la BRVM, Edoh Kossi Amenounvé.
Une partie des ressources possède déjà une destination. 85 milliards de FCFA ont été orientés vers quatre opérations : 15 milliards pour CIM SAHEL, 30 milliards pour SN BRAFASO et 40 milliards répartis entre la relance des mines de Perkoa et de Taparko.
Le gouvernement prévoit plus largement d’affecter les fonds aux infrastructures, à l’énergie, à l’industrie et à l’immobilier.
La BRVM ne gère pas directement ces ressources. Son rôle est d’organiser la cotation et les échanges des obligations. Leur admission sur le marché secondaire permet ainsi aux investisseurs de conserver leurs titres jusqu’à l’échéance ou de les revendre.
Elle fournit aussi de nouvelles références sur les conditions auxquelles l’État burkinabè se finance à cinq et sept ans.
Cette stratégie de mobilisation interne ne traduit pas pour autant une rupture avec les bailleurs traditionnels. Le FMI reste engagé au Burkina Faso dans le cadre de la Facilité élargie de crédit (FEC), tandis que la Banque mondiale poursuit ses financements dans l’agriculture, l’énergie, le capital humain et le développement du secteur privé.
La lecture financière est donc celle d’une diversification des sources de financement. Aux ressources concessionnelles des institutions internationales s’ajoute désormais une mobilisation plus structurée de l’épargne de la diaspora.
Sur le terrain de la communication financière et du nation branding, le dépassement de l’objectif initial renvoie également l’image d’un pays capable de convaincre des investisseurs de lui confier leur épargne.
Cette crédibilité, assènent les experts, devra cependant être entretenue par la réalisation effective des projets financés, le paiement régulier des intérêts et la transparence dans l’utilisation des fonds.
Les Diaspora Bonds, rappelons-les, sont des obligations permettant à un État de mobiliser prioritairement l’épargne de ses ressortissants vivant à l’étranger.
Pour le pays des hommes intègres, leur réussite ouvre ainsi une autre voie de financement national, complémentaire aux mécanismes classiques de dette et aux concours des partenaires internationaux.
DecryptEco
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