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Le Gouvernement a défini une stratégie en trois phases pour lutter contre les érosions et les inondations en RDC. Les interventions iront des travaux d’urgence à une réponse structurelle sur dix ans, intégrant notamment la planification urbaine.
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À Kinshasa, plusieurs ouvrages sont déjà engagés, dont un collecteur de 6 kilomètres à Ngaliema. La Banque mondiale estime que la maîtrise des inondations passe aussi par le drainage, la gestion des déchets et une meilleure occupation de l’espace.
À l’approche de la saison des pluies, le Gouvernement veut sortir d’une gestion essentiellement ponctuelle des érosions pour construire une réponse nationale de plus long terme. À cet effet, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a réuni, me lundi 31 août 2026, plusieurs membres du Gouvernement pour arrêter les interventions prioritaires.
Les vice-Premiers ministres de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, et du Budget, Adolphe Muzito, ainsi que les ministres des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, et des Finances, Doudou Fwamba, ont participé aux travaux.
La stratégie retenue repose sur trois horizons.
La première phase, de zéro à un an, doit concentrer les moyens sur les sites présentant les risques les plus immédiats pour les populations, les routes et les autres infrastructures.
Entre un et cinq ans, le Gouvernement prévoit des études techniques ainsi que l’élaboration ou l’actualisation des plans directeurs de plusieurs grandes villes.
La dernière phase, étendue jusqu’à dix ans, devra progressivement intégrer la lutte anti-érosive dans l’aménagement urbain et l’occupation de l’espace.
Cette approche élargit ainsi la réponse. Il ne s’agit plus seulement de combler une tête d’érosion après son apparition, mais d’agir sur la circulation des eaux, l’urbanisation et la protection des zones exposées.
Plusieurs villes sont concernées, notamment Kikwit, Kananga, Mbuji-Mayi, Luebo et d’autres agglomérations où l’avancée des érosions menace des habitations et des infrastructures.
À Kinshasa, les travaux du collecteur de Bolikango illustrent cette logique. L’ouvrage, long de 6 kilomètres, doit conduire les eaux depuis la zone touchée à Ngaliema jusqu’à la baie de Ngaliema, avant leur déversement dans le fleuve Congo. Son exécution est financée par le Gouvernement central.
La difficulté sera toutefois de maintenir la continuité des financements. Les travaux anti-érosifs nécessitent généralement d’être achevés et entretenus : un chantier interrompu peut laisser les sols et les ouvrages de drainage davantage exposés aux pluies suivantes.
Les inondations, l’autre dimension du problème
Érosions et inondations sont en effet étroitement liées. À Kinshasa, la Banque mondiale estime que l’expansion urbaine rapide et peu planifiée réduit les espaces naturels capables d’absorber les eaux, tandis que plusieurs quartiers restent insuffisamment équipés en drainage. La nature sablonneuse de certains sols accentue également leur vulnérabilité.
Un autre facteur est la gestion des déchets. La Banque mondiale estime que Kinshasa produit environ 12 000 tonnes de déchets par jour, dont près de 98 % sont jetés ou brûlés à ciel ouvert. Une partie obstrue les caniveaux, rivières et collecteurs, réduisant leur capacité d’évacuation lors des fortes pluies.
Cette lecture rejoint le Projet de résilience urbaine aux inondations, approuvé par la Banque mondiale en mai 2025 pour 200 millions USD de financement de l’Association internationale de développement (IDA), avec une clôture prévue en juin 2030.
Le programme finance notamment le drainage, les infrastructures anti-érosives, leur entretien et la planification des systèmes d’évacuation des eaux.
La stratégie sur dix ans devra donc conjuguer ouvrages physiques, entretien, assainissement et urbanisme.
DecryptEco
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