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Afrique : seulement 31 % des déchets sont collectés, la Banque mondiale alerte sur un marché de 426 milliards USD d’ici 2050

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  • La Banque mondiale estime que l’Afrique subsaharienne ne collecte en moyenne que 31 % de ses déchets municipaux, alors que la production mondiale a atteint 2,56 milliards de tonnes en 2022. Sans évolution des systèmes de gestion, ce volume pourrait atteindre 3,86 milliards de tonnes d’ici 2050.

  • Cette progression intervient alors que plusieurs pays africains accélèrent leurs investissements dans les infrastructures de collecte, le recyclage et l’économie circulaire, avec l’appui des bailleurs internationaux et de nouveaux mécanismes de financement climatique.

La production mondiale de déchets municipaux a atteint 2,56 milliards de tonnes en 2022, un niveau que les précédentes projections n’attendaient pas avant la fin de la décennie. Dans son rapport What a Waste 3.0, publié en 2026, la Banque mondiale indique que ce volume pourrait progresser de 50 % pour atteindre 3,86 milliards de tonnes à l’horizon 2050. L’Afrique subsaharienne figure parmi les régions où cette croissance sera la plus rapide, portée par l’urbanisation, la croissance démographique et l’évolution des modes de consommation.

Les données compilées par l’institution montrent que 31 % seulement des déchets municipaux sont collectés en Afrique subsaharienne, contre des taux supérieurs à 95 % dans les économies à revenu élevé. Une part importante des déchets non collectés est déposée dans des décharges non contrôlées ou brûlée à ciel ouvert, tandis que les capacités de traitement et de recyclage restent limitées dans de nombreuses villes.

Selon la Banque mondiale, les dépenses mondiales consacrées à la gestion des déchets dépassent déjà 250 milliards de dollars par an et pourraient atteindre 426 milliards de dollars d’ici 2050. Pour les pays à revenu faible et intermédiaire, la mise en place d’un système de collecte universelle et d’un traitement conforme aux normes environnementales nécessiterait des investissements représentant entre 0,3 % et 0,5 % du PIB, alors que les dépenses publiques consacrées au secteur demeurent généralement inférieures à 0,15 % du PIB.

Les gouvernements africains renforcent progressivement leurs dispositifs nationaux. La Convention de Bamako continue de constituer le principal cadre continental pour l’interdiction des importations de déchets dangereux, tandis que plusieurs pays développent des agences spécialisées dans la gestion des déchets et des programmes de modernisation des services urbains. En Afrique de l’Ouest, le programme DICE Africa (Digital Innovation in Circular Economy) accompagne des entreprises du recyclage au Sénégal, au Ghana, au Nigeria et en Côte d’Ivoire afin de faciliter leur accès aux technologies numériques et aux financements destinés à l’économie circulaire.

Les institutions financières internationales augmentent également leurs engagements. Le 28 avril 2026, la Banque mondiale a approuvé un financement de 250 millions de dollars en faveur du projet Kin la Belle, destiné à améliorer la gestion des déchets solides à Kinshasa. Selon l’institution, la capitale congolaise, qui compte plus de 17 millions d’habitants, produit près de 12 000 tonnes de déchets par jour, dont 98 % sont encore brûlés ou déposés dans des sites non contrôlés.

Le rapport What a Waste 3.0 souligne également que le secteur de la gestion des déchets représente déjà près de 18 millions d’emplois urbains dans le monde, principalement dans les activités de collecte, de tri et de recyclage. Les auteurs identifient l’économie circulaire, la valorisation des matières et l’amélioration des systèmes municipaux comme les principaux leviers permettant de répondre à la croissance attendue des volumes de déchets au cours des prochaines décennies.

DecryptEco
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