-
Kamoa-Kakula a produit 64 328 tonnes de cuivre au deuxième trimestre 2026, portant son volume semestriel à 135 745 tonnes. Ivanhoe Mines maintient sa prévision annuelle de 290 000 à 330 000 tonnes et mise sur une accélération de l’activité minière au cours des six prochains mois.
-
Le redressement attendu repose sur la montée des cadences à Kamoa, l’écoulement programmé d’une partie des stocks de cuivre et l’amélioration des performances des concentrateurs. Une séquence suivie de près sur le marché mondial, où le complexe congolais demeure l’une des principales sources de croissance de l’offre.
Le cuivre de Kamoa-Kakula devrait gagner en cadence au second semestre 2026. Dans ses résultats de production publiés mercredi 8 juillet, Ivanhoe Mines annonce une production de 64 328 tonnes de cuivre au deuxième trimestre, sous forme d’anodes, de blister et de concentré de scories commercialisable. Sur les six premiers mois de l’année, le complexe minier de la province du Lualaba totalise 135 745 tonnes.
Le chiffre trimestriel se décompose notamment entre 62 072 tonnes de cuivre en anodes produites par la fonderie de Kamoa-Kakula et 2 256 tonnes de blister issues de la Lualaba Copper Smelter, à Kolwezi. Cette dernière a subi un arrêt de 56 jours au cours du trimestre avant de reprendre ses opérations normales le 1er juillet, selon la publication officielle du groupe.
La trajectoire annoncée pour les six prochains mois est plus dynamique. Ivanhoe maintient une prévision annuelle de 290 000 à 330 000 tonnes de cuivre. À partir d’une production semestrielle de 135 745 tonnes, atteindre le milieu de cette fourchette — 310 000 tonnes — supposerait environ 174 255 tonnes au second semestre, soit une progression d’environ 28 % par rapport aux six premiers mois.
Le premier moteur de cette montée en puissance se situe dans les mines de Kamoa. Ivanhoe prévoit une augmentation de 30 % du rythme d’extraction, jusqu’à 8,5 millions de tonnes de minerai par an. Cette précision est importante : la hausse de 30 % concerne bien le taux d’extraction minière à Kamoa et non, mécaniquement, la production finale de cuivre. L’entreprise estime néanmoins que l’amélioration des cadences contribuera à soutenir les volumes au second semestre.
Le deuxième levier vient des stocks. Environ 40 000 tonnes de cuivre contenu restaient en inventaire à la fin du deuxième trimestre, un niveau inchangé par rapport à fin mars. Ivanhoe prévoit d’écouler jusqu’à 10 000 tonnes au cours du second semestre et vise un stock compris entre 25 000 et 30 000 tonnes à la fin de l’année.
La progression attendue passe également par les concentrateurs. Au deuxième trimestre, les phases 1, 2 et 3 ont traité 2,97 millions de tonnes de minerai et produit 61 134 tonnes de cuivre en concentré. Le taux de récupération combiné s’est établi à 87,4 %, contre 85,6 % au premier trimestre. Pour les phases 1 et 2, la récupération a atteint 86,6 %, tandis que la phase 3 affichait 88,2 %.
Ivanhoe ajoute un autre élément à cette séquence : l’achèvement du Project 95, destiné à améliorer les performances des concentrateurs des phases 1 et 2 à partir du troisième trimestre. L’entreprise indique que cette installation doit permettre de relever les taux de récupération du cuivre, avec une montée en régime progressive.
La fonderie ouvre, elle aussi, une nouvelle dimension économique autour du complexe. Au deuxième trimestre, elle a produit 112 307 tonnes d’acide sulfurique à haute concentration. Les contrats de vente conclus pour juillet se situaient autour de 840 dollars la tonne, un niveau présenté comme record par Ivanhoe. Dans la ceinture cuprifère congolaise, où l’acide sulfurique constitue un intrant important pour plusieurs procédés hydrométallurgiques du cuivre et du cobalt, cette production ajoute une activité commerciale au-delà du métal rouge.
Le groupe avance parallèlement sur son dispositif énergétique. La mise en service d’une centrale solaire de 60 MW, équipée d’un système de stockage par batteries, est en cours à Kamoa-Kakula. Ivanhoe prévoit une montée à pleine capacité d’ici la fin du troisième trimestre 2026, une infrastructure appelée à renforcer l’alimentation électrique du complexe.
À Kipushi, l’autre grand actif congolais du groupe, le deuxième trimestre a également été marqué par un record. La mine a produit 70 177 tonnes de zinc en concentré, soit une hausse trimestrielle de 8 %. La performance confirme la montée en puissance de cet actif exploité avec la Gécamines, parallèlement aux opérations cuprifères de Kamoa-Kakula.
Pour la RDC, l’évolution de Kamoa-Kakula conserve un poids particulier. Le complexe est détenu à 39,6 % par Ivanhoe Mines, à 39,6 % par Zijin Mining, à 0,8 % par Crystal River Global et à 20 % par l’État congolais. Situé à environ 25 kilomètres à l’ouest de Kolwezi, il figure parmi les grands ensembles cuprifères qui structurent la montée de la RDC dans l’offre mondiale de cuivre.
Le second semestre concentrera désormais l’attention sur la capacité du complexe à convertir ces leviers en volumes supplémentaires : hausse des cadences minières, réduction des stocks, amélioration des récupérations et montée des nouvelles infrastructures. Après 135 745 tonnes produites au premier semestre, la trajectoire vers l’objectif annuel de 290 000 à 330 000 tonnes passe par une accélération sensible. Ivanhoe en a désormais détaillé les principaux ressorts.
DecryptEco
Laisser un commentaire