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Énergie : la RDC consolide son dialogue avec le Royaume-Uni pour renforcer l’attractivité de son marché électrique

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  • La RDC et le Royaume-Uni renforcent leur dialogue dans le secteur de l’électricité afin de soutenir les investissements, les énergies renouvelables et les projets structurants du programme Mission 300.

  • Face à un taux d’accès à l’électricité de 21,5 %, Kinshasa mise sur un cadre réglementaire plus attractif pour mobiliser les capitaux privés nécessaires à l’atteinte de son objectif de 62,5 % d’accès à l’électricité d’ici 2030.

La République démocratique du Congo poursuit la construction d’un écosystème susceptible d’attirer des investissements de long terme dans son secteur électrique.

Le 25 juin, la Directrice générale de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), Soraya Aziz-Moto, a reçu une délégation de partenaires britanniques afin d’examiner les conditions d’un approfondissement de la coopération dans les infrastructures énergétiques, les énergies renouvelables et le renforcement des capacités institutionnelles.

Les échanges se sont articulés autour du programme Mission 300 ainsi que de plusieurs projets structurants, dont Ruzizi III, Moyi Power et PROPAV. Si aucune annonce de financement n’a accompagné cette rencontre, celle-ci illustre la volonté des autorités de positionner la RDC dans le cercle des marchés africains capables de capter des capitaux internationaux dédiés à la transition énergétique.

Cette orientation répond à une réalité économique. Avec un taux d’accès à l’électricité limité à 21,5 %, la RDC dispose de l’un des déficits énergétiques les plus importants du continent, alors même qu’elle possède l’un des plus vastes potentiels hydroélectriques au monde.

Le National Energy Compact ambitionne de porter ce taux à 62,5 % d’ici 2030, un objectif qui suppose la mobilisation de près de 37 milliards de dollars, dont plus de la moitié devrait provenir du secteur privé.

Cette trajectoire implique une transformation bien plus profonde qu’une simple augmentation des capacités de production.

Elle suppose la modernisation des réseaux de transport et de distribution, l’intégration des mini-réseaux, l’essor des solutions hors réseau et la création d’un environnement réglementaire capable d’offrir une visibilité suffisante aux investisseurs institutionnels.

Le projet Ruzizi III illustre cette approche. Avec une capacité prévue de 206 MW, cette infrastructure transfrontalière doit renforcer l’intégration du marché régional de l’électricité entre la RDC, le Rwanda et le Burundi.

Son architecture financière repose sur un partenariat public-privé mobilisant plusieurs institutions internationales, faisant de sa clôture financière un indicateur déterminant de la capacité de la région à structurer des actifs énergétiques répondant aux standards internationaux.

La qualité du cadre réglementaire constitue désormais le principal facteur de différenciation.

Dans les infrastructures énergétiques, le volume des ressources naturelles n’est plus le critère déterminant ; la profondeur du marché, la prévisibilité des décisions réglementaires, la solidité des contrats d’achat d’électricité, la solvabilité des contreparties publiques et l’efficacité des mécanismes de couverture des risques influencent directement le coût du capital et, par conséquent, la rentabilité des projets.

L’intérêt manifesté par le Royaume-Uni s’inscrit également dans une dynamique géoéconomique plus large.

La sécurisation des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques, indispensables aux industries des batteries, des véhicules électriques et des technologies bas carbone, place désormais les infrastructures électriques africaines au cœur des stratégies industrielles occidentales.

Pour la RDC, l’enjeu consiste moins à exporter davantage de ressources qu’à créer les conditions énergétiques permettant leur transformation locale et la montée en gamme de son appareil productif.

Les investisseurs observeront désormais des indicateurs beaucoup plus tangibles que les intentions affichées : la vitesse d’exécution des projets, la capacité des autorités à sécuriser des contrats bancables, la réduction du risque réglementaire et la mobilisation effective de financements concessionnels susceptibles d’abaisser le coût moyen pondéré du capital (WACC).

C’est sur ces paramètres que se construira la crédibilité du marché électrique congolais et sa capacité à attirer durablement les grands investisseurs spécialisés dans les infrastructures.

DecryptEco

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