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Angola : avec Luanda Tech, la Banque africaine de développement mise sur la science pour diversifier l’économie

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  • L’Angola a inauguré le 24 juin le parc scientifique et technologique Luanda Tech, une infrastructure financée dans le cadre d’un programme de 100 millions de dollars soutenu par la Banque africaine de développement. L’objectif est de faire de l’innovation un nouveau moteur de croissance, dans une économie encore largement dépendante du pétrole.

  • Le projet dépasse la construction d’un campus technologique. Il s’inscrit dans une stratégie visant à développer les compétences, stimuler la recherche appliquée, accompagner les startups et rapprocher les universités des entreprises afin de créer davantage de valeur sur le territoire angolais.

Pendant des décennies, le pétrole a façonné l’économie angolaise. Premier producteur de brut d’Afrique subsaharienne jusqu’à une période récente, le pays a longtemps tiré l’essentiel de sa croissance et de ses recettes publiques des hydrocarbures. Mais la volatilité des prix du pétrole et la nécessité de créer davantage d’emplois ont progressivement conduit Luanda à rechercher de nouveaux relais de croissance.

C’est dans cette logique qu’a été inauguré, le 24 juin, le Parc scientifique et technologique de Luanda (Luanda Tech), un projet financé dans le cadre du Science and Technology Development Project (STDP), doté de 100 millions de dollars avec l’appui de la Banque africaine de développement.

Le choix de la science et de l’innovation n’est pas anodin. Les économies qui parviennent à diversifier leur modèle de croissance investissent généralement dans des infrastructures capables de rapprocher la recherche, les entreprises et les investisseurs. Luanda Tech répond précisément à cette logique en réunissant sur un même site des laboratoires, un centre de recherche, un incubateur de startups, des espaces destinés aux entreprises technologiques, une bibliothèque scientifique et des infrastructures de formation.

L’ambition est de transformer les résultats de la recherche en activités économiques. Pour y parvenir, le projet ne s’est pas limité à la construction du parc. Le programme a permis d’équiper 54 laboratoires scientifiques dans 18 établissements d’enseignement secondaire, de former plus de 1 500 enseignants, chercheurs et techniciens, de financer 73 projets de recherche et d’accorder 161 bourses d’études internationales. Plus de 1 200 jeunes filles issues de milieux défavorisés ont également bénéficié d’un soutien pour poursuivre des études scientifiques.

Cette approche traduit une évolution de la politique industrielle angolaise. Longtemps concentrés sur les infrastructures physiques — routes, ports ou réseaux électriques — les investissements publics s’étendent désormais aux infrastructures de la connaissance. L’objectif est de créer un environnement capable de soutenir l’émergence d’entreprises innovantes dans les technologies numériques, les sciences de l’ingénieur, les biotechnologies ou encore les services à forte valeur ajoutée.

Le projet s’inscrit également dans le Plan national de développement 2023-2027, qui fait de la diversification économique l’une des principales priorités du gouvernement. Pour la Banque africaine de développement, Luanda Tech constitue un levier destiné à renforcer le capital humain, améliorer la compétitivité et préparer une économie davantage fondée sur les compétences que sur les ressources naturelles.

La deuxième phase est déjà en préparation. La Banque africaine de développement envisage d’étendre le modèle de Luanda Tech à d’autres provinces à travers la création de corridors technologiques, afin de diffuser les capacités de recherche et d’innovation au-delà de la capitale. Cette approche vise à réduire les disparités territoriales tout en favorisant la création de nouveaux pôles économiques régionaux.

Pour l’Angola, l’enjeu dépasse la seule innovation. Dans un contexte où les investissements mondiaux se dirigent de plus en plus vers les secteurs technologiques, les pays capables de former des talents, de financer la recherche et d’accompagner les entreprises innovantes disposent d’un avantage compétitif croissant. Luanda Tech constitue ainsi un investissement dans une infrastructure immatérielle dont les retombées se mesureront moins par les bâtiments inaugurés que par le nombre de startups créées, de brevets déposés, d’entreprises incubées et d’emplois qualifiés générés au cours des prochaines années.

DecryptEco

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