Le gouvernement congolais a enregistré une nouvelle avancée dans la mise en œuvre du projet de pont route-rail reliant Kinshasa à Brazzaville. Le jeudi 7 mai 2026 à Kinshasa, les autorités de la République démocratique du Congo et de la République du Congo ont signé un accord bilatéral portant sur le régime fiscal, douanier et parafiscal applicable à cette future infrastructure stratégique.
La cérémonie s’est déroulée en présence du Vice-Premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, représentant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, ainsi que de plusieurs membres du gouvernement congolais. La délégation congolaise était conduite par Jean-Jacques Bouya, ministre de l’Aménagement du territoire et des Grands Travaux de la République du Congo.
Selon les autorités, cet accord vise principalement à créer un cadre harmonisé pour la gestion économique du projet. Il prévoit notamment des dispositions destinées à éviter la double imposition entre les deux pays, à simplifier les procédures douanières applicables aux marchandises en transit et à définir les mécanismes liés aux futures recettes de péage.
À travers cette démarche, Kinshasa et Brazzaville cherchent à sécuriser l’environnement juridique et financier du projet avant le démarrage effectif des travaux d’exploitation et de gestion de l’infrastructure.
Le futur pont route-rail est présenté comme l’un des projets d’intégration régionale les plus importants d’Afrique centrale. Les autorités estiment qu’il pourrait renforcer les échanges commerciaux, fluidifier la circulation des personnes et des marchandises, tout en réduisant les coûts logistiques entre les deux capitales les plus proches du monde.
Pour plusieurs experts des infrastructures et du commerce régional, la signature de cet accord constitue surtout un signal de visibilité réglementaire destiné aux partenaires techniques et financiers. Selon eux, les grands projets transfrontaliers sont souvent ralentis par l’absence d’harmonisation fiscale et douanière entre États voisins. La clarification des règles applicables aux taxes, aux flux de marchandises et aux recettes futures pourrait ainsi améliorer la bancabilité du projet et faciliter la mobilisation des investissements nécessaires à sa réalisation.
Les analystes estiment également que cette infrastructure pourrait progressivement transformer le corridor économique entre les deux Congo, en favorisant une meilleure connectivité entre les réseaux routiers, ferroviaires et portuaires de la sous-région. À terme, le pont pourrait contribuer à renforcer les échanges intra-africains, encore limités en Afrique centrale malgré le potentiel commercial de la région.
Ce projet s’inscrit dans la dynamique de coopération portée par les présidents Félix Tshisekedi et Denis Sassou-Nguesso, qui défendent depuis plusieurs années une accélération des projets d’intégration économique sous-régionale.
DecryptEco
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