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DRC Mining Week : Eric Monga appelle à aligner finance, énergie et mines pour lever le paradoxe congolais

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  • Malgré un potentiel hydroélectrique parmi les plus importants au monde et un sous-sol évalué à près de 24 000 milliards USD, la RDC continue de faire face à un déficit énergétique qui freine son industrialisation.

  • Pour Eric Monga, Directeur général de Kipay Energy, la priorité n’est plus seulement de produire de l’électricité, mais de construire un modèle capable de rassurer investisseurs, producteurs et consommateurs industriels autour de projets bancables.

La République démocratique du Congo concentre deux des plus grands atouts stratégiques du continent : un potentiel hydroélectrique estimé à plus de 100 000 MW et des ressources minières évaluées à près de 24 000 milliards USD. Pourtant, cette abondance ne s’est pas encore traduite par une disponibilité énergétique suffisante pour accompagner la transformation économique du pays.

C’est ce paradoxe qu’a mis en lumière Eric Monga lors de la 21ᵉ édition de DRC Mining Week organisée à Lubumbashi.

Pour le Directeur général de Kipay Energy, la question centrale n’est pas l’existence des ressources, mais la capacité à structurer des projets susceptibles d’attirer les financements nécessaires à leur valorisation.

Dans l’industrie électrique, les investissements se chiffrent en centaines de millions, voire en milliards de dollars, avec des périodes de retour sur investissement particulièrement longues.

Dans ce contexte, les producteurs indépendants doivent démontrer aux banques et aux investisseurs que l’électricité produite trouvera durablement preneur.

Selon Eric Monga, les contrats d’achat d’électricité conclus avec les sociétés minières constituent aujourd’hui l’un des principaux mécanismes permettant d’atteindre cet objectif.

Ces accords offrent une visibilité sur les revenus futurs des projets et servent souvent de garantie commerciale pour mobiliser des financements sur les marchés nationaux et internationaux.

L’analyse met ainsi en évidence une interdépendance croissante entre les secteurs minier et énergétique.

D’un côté, les compagnies minières ont besoin d’une alimentation électrique stable pour sécuriser leur production.

De l’autre, les producteurs d’énergie ont besoin de clients solvables capables de soutenir la rentabilité de leurs investissements.

Entre les deux, l’État est appelé à créer un environnement réglementaire suffisamment prévisible pour réduire les risques perçus par les investisseurs.

Le défi consiste désormais à transformer cette convergence d’intérêts en projets concrets.

Car malgré la libéralisation du secteur électrique en 2014, les besoins restent considérables pour financer les infrastructures de production, de transport et de distribution nécessaires à l’économie congolaise.

Les données illustrent l’ampleur de l’enjeu. Avec plus de 100 000 MW de potentiel hydroélectrique, dont près de 40 000 MW concentrés sur le seul site d’Inga, la RDC dispose théoriquement de capacités suffisantes pour alimenter son industrialisation et exporter une partie de son électricité vers les marchés régionaux.

Dans le même temps, le pays abrite un patrimoine minier estimé à près de 24 000 milliards USD, porté notamment par le cuivre, le cobalt, le lithium, le coltan et d’autres minerais stratégiques essentiels à la transition énergétique mondiale.

Pourtant, l’accès à l’électricité demeure insuffisant pour une grande partie de la population et du tissu productif.

C’est précisément pour réduire cet écart que le gouvernement s’est fixé l’objectif de porter le taux d’accès à l’électricité à 62 % d’ici 2030.

Mais pour atteindre cette cible, les producteurs devront également composer avec une réalité économique exigeante : selon Eric Monga, les marges dans le secteur oscillent généralement entre 10 % et 12 %, un niveau souvent jugé insuffisant par certains bailleurs au regard des risques associés aux investissements de long terme.

Au-delà des aspects techniques et financiers, le débat met également en lumière une bataille d’influence souvent moins visible.

À l’échelle mondiale, les grands projets énergétiques se construisent autant dans les salles de conseil que dans les cercles de décision politique et financière.

Les secteurs minier, énergétique et financier disposent chacun de réseaux d’influence, d’associations professionnelles et de groupes de plaidoyer qui orientent les priorités d’investissement.

Pour la RDC, l’enjeu consiste à faire converger ces intérêts autour d’une vision commune afin que l’immense potentiel énergétique puisse enfin soutenir la valorisation locale des ressources minières et la transformation structurelle de l’économie.

DecryptEco

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