Les services antifraude de l’aéroport national de Mbuji-Mayi ont saisi treize kilogrammes de diamants bruts destinés à un trafic illégal vers Kinshasa. Estimées à 2,5 millions de dollars, ces pierres illustrent les défis persistants de traçabilité et de gouvernance dans l’une des principales filières minières de la République démocratique du Congo.
La cellule antifraude de l’aéroport national de Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï-Oriental, a intercepté mardi 12 novembre treize kilogrammes de diamants bruts en partance illégale pour Kinshasa.
Selon les autorités, les pierres précieuses, dont la valeur est estimée à 2,5 millions de dollars, avaient été dissimulées dans des bagages afin de contourner les procédures officielles de contrôle et de traçabilité.
Ville historiquement liée à l’exploitation diamantifère, Mbuji-Mayi concentre plus de 70 % de la production nationale de diamants. Malgré les mécanismes internationaux de certification, notamment le Processus de Kimberley, la région demeure l’un des principaux foyers de fraude et de commerce informel dans ce secteur.
Les réseaux parallèles y conservent une influence significative, ce qui limite l’efficacité des contrôles ponctuels et complique les efforts d’assainissement de la filière.
Sur le plan économique, ces exportations illicites représentent une perte importante de recettes pour l’État congolais, en particulier celles liées aux taxes et redevances du secteur diamantifère.
Elles contribuent également à alimenter une économie parallèle, susceptible de fausser les prix du marché, d’affaiblir les opérateurs respectant les règles et de réduire la valeur ajoutée captée par les institutions publiques ainsi que par les communautés locales.
Cette situation met en évidence la nécessité de renforcer les mécanismes de traçabilité, la digitalisation des chaînes d’approvisionnement et les dispositifs de surveillance économique du secteur.
Tant que les incitations économiques resteront favorables à l’informel, les réformes réglementaires risquent de peiner à modifier durablement les comportements dans l’une des filières minières les plus sensibles du pays.