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RDC : l’État prévoit de lever 30 millions USD à six mois, après 299,9 millions mobilisés depuis juillet

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  • Le Trésor public ouvrira, le 22 septembre 2026, une adjudication de 30 millions USD de Bons du Trésor à six mois. Les soumissions seront reçues jusqu’à midi, pour un règlement prévu le 24 septembre et un remboursement le 25 mars 2027.

  • En additionnant les cinq adjudications en devises réalisées depuis juillet, le Trésor a déjà mobilisé environ 299,9 millions USD. Si les 30 millions annoncés sont intégralement levés, ce cumul atteindrait près de 329,9 millions USD, soit 82,5 % de l’objectif trimestriel de 400 millions USD.

Le Gouvernement congolais prévoit de retourner sur le marché intérieur des titres publics le mardi 22 septembre pour emprunter 30 millions USD. L’opération portera sur des Bons du Trésor libellés en dollars américains, avec une maturité de six mois.

Contrairement aux Obligations du Trésor, généralement émises sur des échéances plus longues, ces titres permettent à l’État de couvrir des besoins de trésorerie à court terme.

Le communiqué du ministère des Finances fixe la clôture des soumissions à 12 heures et l’annonce des résultats avant 15 heures. Le règlement interviendra le 24 septembre sur le compte de la Banque centrale du Congo auprès de la Banque des règlements internationaux.

Le remboursement est programmé au 25 mars 2027. Le ministère se réserve toutefois la possibilité de retenir moins de 30 millions USD si les conditions proposées par les investisseurs sont jugées insatisfaisantes.

Cette nouvelle émission arrive après plusieurs levées importantes en dollars. Le 14 juillet, le Trésor avait retenu 80,861 millions USD, contre 60 millions initialement recherchés.

Le 28 juillet, 48,681 millions avaient été mobilisés sur un objectif de 40 millions. Le 11 août, la demande avait légèrement reculé : 49,15 millions USD avaient été levés contre 50 millions recherchés.

Le 25 août, l’État avait ensuite retenu 35,214 millions USD, avant de mobiliser 86,027 millions le 8 septembre.

Un calcul de DécryptEco à partir de ces cinq opérations porte ainsi à 299,9 millions USD les montants mobilisés depuis juillet. Une adjudication entièrement servie à 30 millions le 22 septembre porterait ce total à 329,9 millions USD. Il resterait alors environ 70,1 millions USD pour atteindre la cible trimestrielle de 400 millions USD.

Le programme du troisième trimestre prévoit également 300 milliards de CDF d’émissions en monnaie nationale.

Les chiffres montrent surtout que les titres en dollars trouvent plus facilement preneur. Dès le premier trimestre 2026, la Banque centrale du Congo recensait 364,6 millions USD d’émissions en devises, contre 149,3 millions de remboursements, soit une émission nette de 215,3 millions USD.

À la mi-juin, la BCC indiquait également que les souscriptions retenues en devises atteignaient 1,071 milliard USD, soit 119 % du programme semestriel annoncé, tandis que les émissions en monnaie nationale n’avaient atteint que 31 % de leur objectif.

Cette configuration offre une première lecture favorable. Le FMI considère le développement du marché domestique des titres publics comme une composante importante de la modernisation du financement de l’État.

Entre fin 2019 et juillet 2025, l’encours des titres intérieurs était déjà passé de 37,5 millions à 1,94 milliard USD. Un marché plus structuré permet au Trésor de disposer d’une source de financement intérieure et plus prévisible, plutôt que de dépendre exclusivement des financements extérieurs ou monétaires.

Mais l’analyse institutionnelle comporte un second volet. Le FMI souligne que le marché congolais reste peu profond et très concentré : les banques représentaient encore 99 % de la base des investisseurs dans les données utilisées par l’institution.

Il recommande d’élargir cette base aux assurances, fonds de pension et autres investisseurs, tout en allongeant les maturités afin de réduire le risque de refinancement.

Car lever régulièrement des fonds ne règle qu’une partie de l’équation. Chaque émission crée une échéance future de remboursement.

Avec des Bons à six mois, les ressources obtenues en septembre devront déjà être refinancées ou remboursées en mars 2027.

La capacité du Trésor à organiser ses calendriers, étaler les maturités et disposer des liquidités nécessaires devient donc aussi importante que sa capacité actuelle à trouver des investisseurs.

DecryptEco | RDC & Afrique

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