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La croissance du PIB réel de la CEMAC est tombée de 3,2 % en 2024 à 2,6 % en 2025. Avec une population de 67,8 millions d’habitants et un PIB estimé à 132,7 milliards USD, le revenu réel par habitant a reculé de 0,1 %.
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Les déséquilibres se sont accentués : déficit budgétaire à 3,3 % du PIB, dette publique à 53,6 %, excédent commercial ramené à 3,5 % et réserves limitées à 4,2 mois d’importations. Dans le même temps, l’inflation a reflué à 2,1 %.
La croissance de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a perdu 0,6 point en 2025. Le PIB réel de la région n’a progressé que de 2,6 %, contre 3,2 % un an plus tôt, d’après le Baromètre économique de la CEMAC, volume 10, publié par la Banque mondiale en septembre 2026.
La région représente un PIB d’environ 132,7 milliards USD pour 67,8 millions d’habitants, soit près de 1 955 USD par habitant.
Le principal problème tient à l’écart entre l’activité économique et la démographie. La population a augmenté d’environ 3 % en 2025, plus rapidement que le PIB. Le revenu réel par habitant a ainsi diminué de 0,1 %.
La Banque mondiale relève à titre de comparaison une progression de 3,4 % du revenu par habitant dans l’UEMOA. La croissance de la CEMAC reste donc trop faible pour produire une amélioration rapide du niveau de vie.
Les performances sont très dispersées entre les six économies du bloc. Le Tchad a enregistré une croissance de 5,6 %, soutenue notamment par le secteur pétrolier, devant la République centrafricaine à 4,5 %, portée par les exportations d’or.
Le Congo a progressé de 3,1 % et le Gabon de 3,2 %. La Guinée équatoriale a, à l’inverse, subi une contraction de 5,8 %, la plus forte de la région, sous l’effet du recul de sa production pétrolière.
La faiblesse de l’activité s’accompagne d’une dégradation des finances publiques. Le déficit budgétaire moyen a plus que doublé, passant de 1,6 % du PIB en 2024 à 3,3 % en 2025.
Les dépenses publiques ont augmenté de 20 % à 21,1 % du PIB, tandis que les recettes ont reculé de 18,4 % à 17,8 %. Le Congo est le seul pays à avoir conservé un excédent, mais celui-ci s’est réduit de 2,7 % à 0,6 % du PIB. Ailleurs, les déficits atteignent notamment 1,7 % au Tchad, 2,2 % au Cameroun, 5,6 % en RCA et 12,2 % au Gabon.
La dette publique régionale est passée de 53,2 % à 53,6 % du PIB. Cette moyenne masque de fortes différences. Le Congo affiche environ 97,4 % du PIB et le Gabon plus de 80 %, au-dessus du plafond communautaire de 70 %.
La RCA se situe à 62 %, contre 43,8 % au Cameroun, 32,6 % en Guinée équatoriale et 30,2 % au Tchad. Une dette élevée réduit la capacité des États à absorber de nouveaux chocs ou à financer davantage d’infrastructures et de services publics.
Le commerce extérieur donne le même signal d’essoufflement. L’excédent commercial régional est tombé de 6,7 % du PIB en 2024 à 3,5 % en 2025.
Les hydrocarbures représentent encore environ 70 % des exportations de la CEMAC. Or, les exportations de pétrole ont diminué de 2,3 % et celles de gaz de 10,5 %.
Le recul des exportations pétrolières atteint 18 % en Guinée équatoriale et 10 % au Cameroun. La progression de l’or en RCA et du cacao au Cameroun n’a compensé qu’une partie de cette baisse.
Les réserves de change ont également diminué. Le rapport complet les situe à 4,8 mois de couverture des importations en 2024, contre 4,2 mois en 2025 ; la page de synthèse de la Banque mondiale affiche 4,9 mois pour 2024. Dans les deux cas, le niveau de 2025 reste inférieur au seuil régional d’adéquation de cinq mois.
Cette érosion intervient alors que la production d’hydrocarbures de plusieurs pays est freinée par le vieillissement des champs pétroliers.
L’inflation offre en revanche une évolution plus favorable. Elle est passée de 4 % en décembre 2024 à 2,1 % en décembre 2025 en moyenne annuelle, repassant sous le seuil communautaire de 3 % pour la première fois depuis 2022. En glissement annuel, elle est tombée à 0,6 %. La BEAC a pu ramener son taux directeur de 4,75 % à 4,5 % en juin 2026.
La Banque mondiale souligne toutefois que la transmission vers le crédit reste faible : les banques réagissent davantage aux volumes de liquidités alloués qu’aux variations du taux directeur.
Cette faiblesse de la croissance se retrouve dans les indicateurs sociaux. Environ 25 millions de personnes, soit 36,2 % de la population, vivent avec moins de 3 USD par jour en parité de pouvoir d’achat de 2021, contre 28,9 % dans l’UEMOA.
Le rapport porte cette proportion à 53,1 % avec un seuil de 4,2 USD par jour et à 81,3 % avec 8,3 USD. Le chômage concerne près de 10 % de la population active. Avec une démographie proche de 3 % par an, une croissance autour de 2 à 3 % laisse peu de marge pour relever rapidement le revenu moyen et absorber les nouveaux entrants sur le marché du travail.
La Banque mondiale projette une croissance moyenne de 3,2 % entre 2026 et 2028. Ce rythme resterait exposé au recul structurel de la production pétrolière, aux tensions commerciales, au coût du financement et aux conflits géopolitiques.
Même dans ce scénario, la pauvreté devrait encore tourner autour de 36 % en 2027-2028.
Pour la CEMAC, le rapport ramène donc la question économique à une équation simple : une région de 67,8 millions d’habitants ne peut durablement relever son revenu par tête si sa population progresse presque aussi vite, voire plus vite, que sa production.
DecryptEco | RDC & Afrique
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