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Mobility Foresights estime que le marché africain de la livraison de colis par drones pourrait passer de 280 millions USD en 2025 à 1,62 milliard USD en 2031, porté par l’e-commerce, l’urbanisation et les difficultés de livraison dans certaines zones urbaines et rurales.
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Derrière cette croissance annoncée se joue surtout l’économie du dernier kilomètre : le drone peut réduire fortement les délais sur certains trajets, mais doit encore démontrer qu’il peut rivaliser en coût avec les réseaux routiers, les motos et les points de retrait déjà déployés à grande échelle.
Le marché africain de la livraison de colis par drones pourrait changer de dimension au cours des prochaines années. Mobility Foresights l’évalue à 280 millions USD en 2025 et projette 1,62 milliard USD en 2031. Le cabinet avance un taux de croissance annuel composé de 33,4 %, soutenu par le commerce électronique, l’urbanisation et la recherche de solutions de livraison capables de contourner congestion routière et difficultés d’accès.
Cette croissance potentielle repose d’abord sur une faiblesse structurelle du système logistique africain. La Banque mondiale estime qu’en milieu rural, seulement environ un Africain sur trois vit à moins de deux kilomètres d’une route praticable toute l’année. La densité routière de la région reste par ailleurs inférieure au quart de la moyenne mondiale.
Dans certaines zones, transporter rapidement un colis de faible poids peut ainsi nécessiter plusieurs heures de route là où un appareil autonome peut effectuer le trajet directement par voie aérienne.
L’intérêt économique du drone n’est toutefois pas uniforme. Les travaux de la Banque mondiale sur l’Afrique de l’Est montrent que les appareils peuvent déjà approcher la compétitivité du transport routier pour certaines livraisons médicales.
Leur intérêt augmente lorsque le produit est urgent, léger et de forte valeur, ou lorsque le trajet terrestre est particulièrement difficile. À l’inverse, ils restent moins compétitifs pour le transport de volumes importants de marchandises ordinaires.
Le développement du commerce électronique élargit néanmoins le marché potentiel. Jumia a réalisé un volume brut de marchandises de 818,6 millions USD en 2025, avec 23,3 millions de commandes.
Au deuxième trimestre 2026, la plateforme a enregistré 216,3 millions USD de GMV, en hausse de 20 % sur un an, tandis que les commandes de biens physiques progressaient de 26 % à 6,3 millions.
Les régions situées hors des principaux centres représentaient 61 % de ses commandes, contre 59 % un an plus tôt.
Cette progression hors des grandes villes constitue précisément le terrain sur lequel les drones peuvent trouver une justification économique. Un pilote réalisé au Ghana par Jumia et Zipline a cumulé environ 2 500 kilomètres de tests.
Des marchandises ont été acheminées vers des hubs Jumia situés jusqu’à 85 kilomètres de la base de lancement d’Omenako en moins d’une heure.
L’expérimentation concernait différentes catégories de produits et devait servir de base à une extension vers d’autres marchés africains.
Le drone n’est pourtant pas seul dans la course à la réduction des coûts logistiques. Au deuxième trimestre 2026, 75 % des colis expédiés par Jumia étaient encore traités à travers des stations de retrait, contre 71 % un an auparavant.
Ce réseau permet à la plateforme de regrouper les livraisons et de limiter son exposition au coût du carburant. Pour les opérateurs de drones, la concurrence économique ne se joue donc pas seulement face à la livraison individuelle par moto ou camionnette, mais aussi face à des systèmes terrestres progressivement optimisés.
Le secteur médical montre cependant qu’un réseau aérien peut atteindre une taille importante. Un accord annoncé en novembre 2025 prévoit jusqu’à 150 millions USD de financement américain pour étendre le réseau africain de Zipline.
À pleine capacité, le dispositif pourrait passer de 5 000 à 15 000 établissements de santé desservis et atteindre jusqu’à 130 millions de personnes. Les pays africains concernés pourraient engager jusqu’à 400 millions USD en frais d’utilisation des services.
L’expérience du Ghana donne aussi une idée de l’échelle opérationnelle possible. Lors du lancement de son réseau médical, quatre centres équipés de 30 drones chacun devaient desservir 2 000 structures sanitaires, couvrir environ 14 millions de personnes et assurer jusqu’à 600 vols à la demande par jour.
Dans certains pays d’Afrique de l’est, l’OMS a documenté des trajets de livraison de sang ramenés, dans certains cas, de quatre heures par route à environ quinze minutes par drone.
La croissance du marché commercial restera néanmoins liée au cadre aéronautique. L’Organisation de l’aviation civile internationale met à disposition des États des modèles de réglementation pour les systèmes d’aéronefs sans pilote, avec des exigences portant notamment sur la sécurité, la supervision des opérateurs et l’intégration dans l’espace aérien.
Sans autorisations permettant des opérations régulières au-delà du champ de vision du pilote, les économies d’échelle resteront limitées.
DecryptEco | RDC & Afrique
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