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Cinquante ans après la création de l’OGEDEP, devenu DGDP, le ministre des Finances veut opérationnaliser la réforme de 2025 afin de renforcer l’analyse des risques, les projections et la gestion des nouveaux instruments d’endettement.
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La réforme intervient au moment où la RDC élargit ses sources de financement : après des années dominées par la dette concessionnelle, le pays a levé 1,25 milliard USD sur le marché obligataire international en avril 2026, à des taux de 8,75 % et 9,5 %.
La Direction générale de la Dette publique (DGDP) veut adapter son fonctionnement à une gestion de la dette congolaise devenue plus complexe. À l’occasion de son cinquantenaire, célébré mercredi 16 septembre 2026 à Kinshasa, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a annoncé la mise en place prochaine d’un comité chargé d’opérationnaliser son nouveau cadre organique.
L’institution trouve son origine dans l’Office de gestion de la dette publique, créé le 16 septembre 1976.
Transformé en DGDP en 2009, ce service placé sous l’autorité du ministère des Finances centralise aujourd’hui la gestion de la dette intérieure et extérieure du pouvoir central et conseille le Gouvernement sur les opérations d’endettement.
La réforme évoquée par Doudou Fwamba repose sur le décret n°25/20 du 29 avril 2025. Le texte réorganise notamment la DGDP autour de fonctions de négociation et de mobilisation des financements, d’analyse des risques et de suivi administratif des engagements.
Le FMI relevait déjà que cette architecture de type « front, middle et back office » devait accroître les capacités analytiques, opérationnelles et de conseil de l’administration.
Cette évolution intervient dans une séquence différente de celle qui avait marqué la gestion de la dette congolaise au début des années 2000. En 2010, la RDC avait atteint le point d’achèvement de l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés, ou PPTE.
Le FMI et la Banque mondiale avaient alors annoncé 12,3 milliards USD d’économies sur le service de la dette, dont 11,1 milliards au titre de l’initiative PPTE et 1,2 milliard dans le cadre de l’Initiative d’allègement de la dette multilatérale.
Seize ans plus tard, le pays dispose toujours d’un niveau d’endettement relativement faible rapporté à la taille de son économie, autour de 20 % du PIB.
Mais la structure du financement évolue. Le 9 avril 2026, la RDC a réalisé sa première émission obligataire souveraine internationale, pour 1,25 milliard USD.
Une tranche de 600 millions USD a été levée à 8,75 %, et une seconde de 650 millions à 9,5 %.
L’arrivée de ces emprunts de marché change une partie du travail de la DGDP. Contrairement aux financements concessionnels accordés à des conditions préférentielles par des institutions de développement, un Eurobond expose davantage l’État au coût du marché, aux échéances de remboursement, aux attentes des investisseurs et à l’évolution de sa notation souveraine.
Doudou Fwamba veut ainsi renforcer les compétences des cadres en matière de marchés internationaux, améliorer les projections de dette et développer le dialogue avec les agences de notation.
Le ministre a également cité la finance verte parmi les pistes de diversification des financements.
Le FMI estime que les perspectives de la dette congolaise demeurent stables, tout en appelant à renforcer sa gestion et la transparence dans l’utilisation des ressources de l’Eurobond.
L’institution insiste notamment sur la nécessité de préserver la viabilité de la dette alors que les nouveaux emprunts doivent financer davantage d’investissements publics.
Pour la DGDP, le changement tient donc moins au volume actuel de la dette qu’à la diversité croissante de ses instruments. Cinquante ans après sa création, elle doit désormais suivre simultanément financements concessionnels, titres du Trésor, Eurobonds, risques de marché et nouvelles sources de capitaux.
DecryptEco | RDC & Afrique
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