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Ass. Nat : le Gouvernement dépose un projet de budget 2027 de 24,8 milliards USD, en hausse de près de 12 %

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  • La Première ministre Judith Suminwa a déposé, mardi 15 septembre, un projet de loi de finances 2027 équilibré à 56 929 milliards CDF, soit environ 24,8 milliards USD, contre 50 866,3 milliards CDF dans la loi de finances rectificative 2026.

  • Cette hausse d’environ 11,9 % en francs congolais élargit les moyens théoriques de l’État. Mais la reddition des comptes 2025 montre que les recettes n’avaient atteint que 80,01 % des prévisions, rappelant l’écart possible entre budget voté et ressources réellement disponibles.

La République démocratique du Congo prévoit de porter son budget 2027 à 56 929 milliards de francs congolais, soit environ 24,8 milliards USD. À cette occasion, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a déposé, le mardi 15 septembre 2026, le projet de loi de finances au Bureau de l’Assemblée nationale, en même temps que la reddition des comptes de l’exercice 2025.

Comparé à la loi de finances rectificative 2026, promulguée à 50 866,3 milliards CDF, le projet 2027 ajoute un peu plus de 6 062 milliards CDF, soit une progression proche de 11,9 %.

Cette comparaison est plus pertinente que celle avec le budget initial 2026 de 54 335,8 milliards CDF, puisque le collectif budgétaire adopté en cours d’année constitue désormais la référence légale d’exécution.

Le montant déposé au Parlement est par ailleurs légèrement inférieur à celui annoncé après le Conseil des ministres du 11 septembre.

Le Gouvernement avait alors communiqué une enveloppe de 57 500 milliards CDF. Entre l’adoption en Conseil et le dépôt à l’Assemblée nationale, environ 571 milliards CDF, soit près de 1 %, ont donc été retranchés du total.

Cependant, à ce stade, les informations disponibles ne précisent pas encore quelles rubriques ont porté cet ajustement.

Judith Suminwa présente le texte comme un budget « d’action et de souveraineté ». La sécurité et la défense doivent absorber une partie de l’effort supplémentaire, avec le financement des besoins liés au conflit dans l’Est.

Le Gouvernement annonce également des crédits pour les routes, les aéroports et les universités, ainsi qu’un soutien à l’agriculture et à la production locale pour agir sur l’offre de biens et, indirectement, sur le pouvoir d’achat.

À ces dépenses économiques et sociales s’ajoutent la rémunération des agents publics, les élections, l’identification de la population et le dialogue national.

L’augmentation de l’enveloppe signifie donc davantage de possibilités d’intervention pour l’État, mais également davantage de recettes à mobiliser pour éviter que les crédits inscrits ne restent sans financement effectif.

C’est ici que la reddition des comptes 2025 apporte un élément de lecture important. Les recettes du budget du pouvoir central avaient atteint 40 559,66 milliards CDF, soit 80,01 % des prévisions.

Les recettes internes avaient mieux résisté, avec 27 849,49 milliards CDF mobilisés, soit près de 91 % des objectifs. Ce qui revient à dire, sur l’ensemble des ressources prévues, près d’un franc sur cinq n’avait pas été effectivement encaissé.

Le Gouvernement veut ainsi réduire cet écart en renforçant notamment la digitalisation des services d’assiette, la facture normalisée et le suivi de la TVA.

Le mécanisme est direct : une meilleure traçabilité des opérations réduit les possibilités de sous-déclaration, élargit l’assiette fiscale et donne au Trésor davantage de recettes pour financer les dépenses votées.

Le parcours budgétaire de 2026 rappelle toutefois la fragilité des prévisions. Le budget initial, fixé à 54 335,8 milliards CDF, avait finalement été ramené à 50 866,3 milliards dans la loi rectificative, soit une baisse d’environ 6,4 % en cours d’exercice.

Avec 56 929 milliards CDF proposés pour 2027, la RDC ne dispose donc pas encore de 24,8 milliards USD à dépenser : elle se donne une autorisation et un objectif de mobilisation.

La différence économique se fera entre les crédits inscrits au Parlement, les recettes effectivement encaissées et les investissements réellement exécutés.

DecryptEco | RDC & Afrique

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