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La Minerals Commission prépare des seuils minimums de rémunération et de soumission pour les entreprises de sous-traitance minière, afin d’éviter que la concurrence pour les contrats locaux ne se traduise par des salaires plus faibles et des offres économiquement intenables.
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La mesure accompagne une réforme plus large : d’ici fin 2026, les opérations minières de surface devront être confiées à des entreprises entièrement ghanéennes, tandis que les opérations souterraines devront être assurées par des sociétés détenues au moins à 50 % par des intérêts locaux.
Le Ghana veut empêcher que sa politique de contenu local dans les mines ne se transforme en concurrence par les salaires et les prix. La Minerals Commission prépare des rémunérations minimales pour les employés des sous-traitants ainsi que des seuils de référence pour les appels d’offres, alors que le pays impose progressivement aux groupes miniers de transférer davantage d’opérations à des entreprises ghanéennes.
Depuis janvier 2025, les activités de surface ; forage, dynamitage, chargement, transport et déversement, doivent être réalisées par des sociétés entièrement détenues par des Ghanéens.
Pour les opérations souterraines, la participation locale doit atteindre au moins 50 %. La date limite de mise en conformité est fixée au 31 décembre 2026.
Cette obligation devait déplacer une plus grande part des dépenses minières vers l’économie locale. Elle a aussi créé une pression nouvelle sur les entreprises ghanéennes qui se disputent les contrats.
Ben Birch-Mensah, directeur du contenu local à la Minerals Commission, explique que certaines entreprises ont soumis des offres si basses qu’elles ne permettaient plus de couvrir correctement les coûts d’exploitation.
Le régulateur veut désormais fixer une base en dessous de laquelle les salaires et les prix proposés ne pourraient descendre.
Le problème dépasse la rémunération. Une offre sous-évaluée peut réduire les marges disponibles pour l’entretien des équipements, la formation des employés ou les dépenses de sécurité.
La Ghana Chamber of Mines, pourtant opposée au caractère obligatoire de la sous-traitance, soutient l’instauration de seuils destinés à limiter cette concurrence par les prix.
Elle travaille également sur une classification des sous-traitants et des niveaux minimums de soumission.
L’enjeu financier est important. Les membres producteurs de la Chambre des mines ont consacré environ 3,5 milliards USD aux biens et services en 2024.
La même année, le secteur minier a généré 11,9 milliards USD de recettes d’exportation, soit 58,4 % des exportations de marchandises du Ghana.
Accra cherche ainsi à transformer une plus grande part de cette dépense minière en capacités entrepreneuriales domestiques.
Le cadre de contenu local vise déjà l’emploi de travailleurs ghanéens, l’achat de biens et services locaux et l’émergence d’entreprises capables de concurrencer les fournisseurs étrangers.
Les règles de 2025 ont poussé cette logique plus loin en réservant directement certaines activités de production aux sociétés locales.
Le Ghana reste le premier producteur d’or en Afrique, ce qui donne à cette politique une portée industrielle importante. En 2024, l’industrie minière a versé 17,7 milliards de cedis à l’État et représenté 24,3 % des impôts directs domestiques.
La réforme rencontre néanmoins une résistance sociale. Le syndicat des mineurs, qui représente environ 14 000 travailleurs, a averti que certains sous-traitants locaux proposaient des rémunérations plus faibles et une sécurité d’emploi inférieure à celles des opérateurs qu’ils remplacent.
Newmont, Zijin et Ghana Manganese Company figuraient encore parmi les entreprises n’ayant pas achevé leur mise en conformité, d’après la Minerals Commission.
Le Ghana cherche ainsi à résoudre une contradiction de sa politique industrielle : transférer davantage de contrats miniers aux entreprises locales sans que cette localisation de la valeur se fasse au détriment des travailleurs ou de la qualité opérationnelle.
L’instauration de seuils de salaires et d’appels d’offres limiterait la possibilité de remporter un contrat uniquement par le prix et déplacerait davantage la concurrence vers la productivité, les équipements, la sécurité et la capacité d’exécution.
DecryptEco | RDC & Afrique
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