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Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, conduit la délégation congolaise à la China Mining Conference and Exhibition, organisée du 10 au 12 septembre 2026 à Tianjin.
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Face à une présence chinoise déjà dominante dans plusieurs grands actifs de cuivre et de cobalt, Kinshasa veut désormais pousser la relation vers davantage de transformation locale et de retombées économiques.
La République démocratique du Congo remet son potentiel minier sur la table en Chine. Arrivée, le mardi 8 septembre 2026 à Pékin, la délégation conduite par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, devrait participer du 10 au 12 septembre à la China Mining Conference and Exhibition de Tianjin, l’un des grands rendez-vous internationaux consacrés aux ressources minérales.
L’édition 2026 doit réunir 658 entreprises provenant de 25 pays, autour de 28 forums et d’une exposition de 65 000 m². Exploration, capitaux, technologies minières, transformation, mines intelligentes et transactions sur les droits miniers figurent parmi les principaux sujets annoncés.
Pour Kinshasa, le déplacement permet de présenter de nouvelles opportunités d’investissement et de renforcer les partenariats autour des minerais stratégiques. Mais la RDC ne se présente pas en Chine comme un territoire minier encore à découvrir. Pékin est déjà solidement installé dans son industrie extractive, confie à DecryptEco une source de ladite délégation.
Une présence chinoise déjà massive
Des entreprises chinoises détiennent ou participent à une quinzaine de grands actifs de cuivre et de cobalt du pays, d’après plusieurs analyses spécialisées.
Cette implantation s’est notamment renforcée avec l’acquisition de Tenke Fungurume Mining et le développement de Kisanfu par CMOC.
Cette présence se reflète directement dans les volumes produits. À titre illustratif, en 2024, TFM et Kisanfu ont produit ensemble 650 161 tonnes de cuivre et 114 165 tonnes de cobalt. En guise de comparaison, la production congolaise de cobalt était estimée à environ 226 000 tonnes cette année-là.
La Chine reste également un débouché majeur pour les minerais congolais. En juillet 2026, la RDC représentait encore près de 40 % des importations chinoises de cuivre, confirmant l’interdépendance entre l’appareil industriel chinois et les ressources extraites du sous-sol congolais.
À Tianjin, Kinshasa cherchera surtout à faire évoluer cette relation vers davantage de transformation locale et de retombées économiques.
La question n’est plus simplement d’attirer de nouveaux capitaux chinois. Elle porte aussi sur les usines à installer en RDC, les infrastructures à financer, l’intégration des entreprises locales et la part de valeur qui reste effectivement dans l’économie congolaise.
Sicomines, un dossier toujours scruté
Le partenariat Sicomines reste l’un des principaux baromètres de la relation minière entre Kinshasa et Pékin.
Signé initialement en 2008 autour du mécanisme « minerais contre infrastructures », il a été renégocié en 2024. L’enveloppe destinée aux infrastructures a été portée de 3,2 à 7 milliards USD, avec un mécanisme prévoyant jusqu’à 324 millions USD par an pour financer différents projets.
La structure du capital de Sicomines reste toutefois dominée par le groupement d’entreprises chinoises, qui en détient 68 %, contre 32 % pour la Gécamines.
En juillet 2026, les autorités congolaises ont engagé une nouvelle évaluation de l’exécution de cet accord. Une démarche qui montre que les discussions entre les deux parties ne portent plus uniquement sur l’accès aux gisements, mais également sur la réalisation effective des infrastructures et les bénéfices économiques attendus du partenariat.
Plusieurs spécialistes du secteur minier considèrent d’ailleurs que l’expérience congolaise pose désormais la question de la qualité des investissements. L’arrivée de capitaux, prise isolément, ne garantit ni industrialisation locale ni diversification économique.
La RDC cherche ainsi à négocier davantage autour de la transformation des minerais, du transfert de technologies et de l’intégration des fournisseurs nationaux.
Un signal plus social est apparu quelques jours avant le déplacement de la délégation. Le 5 septembre, l’Union des sociétés minières à capitaux chinois en RDC a annoncé une contribution de 1 million USD à la riposte contre l’épidémie d’Ebola, après l’appel lancé par les autorités congolaises.
Cette mobilisation illustre aussi l’influence économique acquise par ces entreprises et les attentes croissantes qui accompagnent leur présence dans le pays.
À Tianjin, la délégation congolaise devra donc conjuguer promotion du potentiel minier et recherche de meilleurs équilibres économiques.
Avec son cuivre, son cobalt et d’autres minerais stratégiques, la RDC dispose déjà d’un poids considérable dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Son défi reste de convertir davantage cette position en investissements productifs, emplois qualifiés, infrastructures, recettes publiques et valeur ajoutée locale.
Envoyé spécial à Tianjin (Chine) / DecryptEco
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