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Plus de 440 millions USD pourraient être orientés en 2027 vers l’eau, l’électricité et les infrastructures de base en milieu rural.
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L’effort reste à mesurer face à un pays où près de 65 % de la population manque encore d’un accès de base à l’eau et près de quatre Congolais sur cinq vivent sans électricité.
La République démocratique du Congo veut renforcer les investissements publics dans les services essentiels en milieu rural. Dans le cadre des arbitrages du budget 2027, plus de 440 millions USD sont prévus pour faciliter l’accès à l’eau, à l’électricité et aux infrastructures de base.
L’enveloppe a été évoquée, le mardi 08 septembre lors des consultations conduites par le Vice-Premier ministre chargé du Budget, Adolphe Muzito, avec notamment le ministre d’État au Développement rural, Grégoire Mutshail.
Elle devrait également soutenir les structures publiques chargées des dessertes agricoles et de l’hydraulique rurale.
À ce stade, les 440 millions USD restent toutefois une prévision issue des arbitrages. Le projet de loi de finances doit encore être adopté par le Gouvernement, déposé au Parlement puis voté. La capacité d’investissement réelle dépendra ensuite du niveau d’exécution des crédits.
Le montant prend surtout une autre dimension lorsqu’il est comparé aux déficits accumulés.
La Banque mondiale estime que seulement 35 % de la population congolaise bénéficie d’un accès de base à l’eau potable, soit près de deux Congolais sur trois restent en dehors de ce service essentiel.
L’institution relevait également que seulement 20,5 % des dépenses budgétaires prévues pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement entre 2017 et 2021 avaient effectivement été exécutées.
Le retard est encore plus important dans l’électricité. Le taux national d’accès tourne autour de 21 %. Le Compact énergétique de la RDC, appuyé dans le cadre de Mission 300 de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, vise 62 % d’accès d’ici 2030.
Pour atteindre cette cible, les besoins d’investissement dans ce segment énergétique, sont estimés à près de 37 milliards USD, dont une part importante devrait provenir du secteur privé.
À titre de comparaison, les 440 millions USD représentent à peine 1,2 % de ces seuls besoins énergétiques, même si l’enveloppe budgétaire annoncée couvre également l’eau et les infrastructures rurales.
Sur l’eau, la Banque mondiale déploie parallèlement le PASEA, un programme de 1,25 milliard USD sur onze ans. Il vise à apporter un accès de base à l’eau à au moins 12 millions de personnes supplémentaires et à l’assainissement à 8 millions de personnes dans neuf provinces. Sa première phase mobilise 400 millions USD.
Le budget 2027 peut donc renforcer l’effort national, mais les 440 millions USD ne peuvent être lus comme une réponse suffisante au déficit, commente un expert en gouvernance publique.
Pour ce dernier, la question centrale sera leur ventilation entre secteurs, les projets effectivement financés et surtout le taux d’exécution obtenu sur le terrain.
Outre l’eau et l’électricité, la Banque africaine de développement considère encore en 2026 que la RDC fait face à un « énorme déficit d’infrastructures », particulièrement dans les transports et l’énergie, avec plusieurs provinces qui restent difficilement accessibles.
Un ancien diagnostic de référence de la Banque mondiale permet d’en mesurer l’ordre de grandeur : pour rapprocher la RDC des standards des autres pays en développement, l’institution évaluait les besoins d’infrastructures à près de 5,2 milliards USD par an pendant une décennie, dont environ 1,47 milliard pour les transports, 1,47 milliard pour l’électricité et 1,71 milliard pour l’eau et l’assainissement.
Ladite estimation, non encore actualisées à ces jours, montre que les besoins structurels se chiffrent en milliards de dollars chaque année, et non en centaines de millions.
Parallèlement, le constat demeure visible sur le réseau physique du pays. Un diagnostic plus récent de la Banque mondiale indique que seulement six des 26 capitales provinciales sont accessibles par route depuis Kinshasa et qu’environ 5 % du réseau routier est asphalté.
Les 440 millions USD annoncés pour 2027 doivent donc être considérés comme une composante d’un effort beaucoup plus large. Leur impact dépendra moins de l’affichage budgétaire que de leur transformation effective en kilomètres de routes et de dessertes agricoles, points d’eau, réseaux électriques et infrastructures réellement opérationnelles.
DecryptEco
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