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RDC : 30,5 millions USD captés lors de l’adjudication du 23 juin, les investisseurs privilégient toujours les titres en devises

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  • Le Trésor public a retenu, le 23 juin 2026, l’intégralité des souscriptions reçues lors de l’émission de Bons du Trésor en devises à trois mois, soit 30,5 millions de dollars, pour un taux moyen pondéré de 9,64 %.

  • Les dernières données de la Banque centrale du Congo (BCC) montrent également un marché contrasté au premier semestre 2026 : les émissions en dollars ont dépassé les objectifs du gouvernement, tandis que les titres libellés en francs congolais continuent d’attirer peu de souscripteurs.

Le marché congolais des titres publics continue d’envoyer des signaux contrastés. Les statistiques reprises dans la dernière Note de conjoncture économique de la Banque centrale du Congo (BCC) montrent qu’au premier semestre 2026, les investisseurs ont davantage privilégié les émissions en devises que celles libellées en monnaie nationale.

Cette tendance s’est notamment illustrée lors de l’adjudication du 23 juin 2026, au cours de laquelle le Trésor public a retenu la totalité des souscriptions reçues, soit 30,5 millions de dollars pour des Bons du Trésor en devises à trois mois de maturité, à un taux moyen pondéré de 9,64 %.

Sur l’ensemble du premier semestre, les émissions de titres publics en francs congolais sont restées en retrait.

Les souscriptions retenues se sont élevées à 357,0 milliards de CDF, alors que le gouvernement avait annoncé un programme de 1 150,0 milliards, soit un taux de réalisation limité à 31,0 %.

À l’opposé, les émissions en devises ont dépassé les prévisions.

Les souscriptions retenues ont atteint 1,1019 milliard de dollars, correspondant à un taux de réalisation de 122,4 % par rapport au programme semestriel.

La même note de la BCC indique par ailleurs que l’encours global des titres publics est revenu à 6 914,5 milliards de CDF, contre 7 056,9 milliards une semaine auparavant.

Cette diminution s’explique principalement par le remboursement des titres arrivés à échéance.

Pour les économistes, ces chiffres traduisent avant tout les préférences actuelles des investisseurs.

Les titres libellés en dollars continuent d’offrir une protection contre le risque de change et demeurent plus attractifs dans un environnement où les opérateurs cherchent à préserver la valeur de leurs placements.

À l’inverse, le faible niveau de souscription des titres en francs congolais montre que le marché domestique de la dette reste confronté à un défi de confiance.

Pourtant, le développement d’un marché actif en monnaie nationale constitue un levier important pour permettre à l’État de financer ses besoins sans accroître sa dépendance aux emprunts en devises, qui exposent davantage les finances publiques aux fluctuations du taux de change.

En filigrane, ces résultats rappellent que la consolidation du marché des valeurs du Trésor ne dépend pas uniquement du volume des émissions.

Elle repose également sur la capacité des autorités à renforcer l’attractivité des instruments libellés en francs congolais, afin d’élargir la base des investisseurs et de construire un financement plus équilibré de l’économie.

DecryptEco

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