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Afrique : la RDC ciblée par un programme régional de 17,4 millions USD pour transformer les minerais critiques

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  • Un programme régional financé à hauteur de 17,4 millions USD ambitionne d’aider six pays de la SADC, dont la RDC, à développer davantage de valeur ajoutée autour de leurs minerais critiques.

  • Pour Kinshasa, l’enjeu consiste à convertir son statut de géant minier mondial en véritable moteur d’industrialisation, d’emplois et de croissance.

La République démocratique du Congo figure parmi les principaux bénéficiaires d’un nouveau programme régional destiné à renforcer la valorisation des minerais critiques, au moment où la transition énergétique mondiale accroît la demande pour les métaux stratégiques.

Lancé à Lusaka, en Zambie, par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), ce programme couvrira une période de cinq ans et concernera six pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) : la RDC, la Zambie, le Zimbabwe, la Namibie, le Mozambique et l’Afrique du Sud.

L’initiative bénéficie d’un financement de 15,03 millions d’euros, soit environ 17,4 millions de dollars, mobilisé par l’Initiative internationale pour le climat (IKI) du gouvernement allemand.

Son objectif est d’accompagner les pays participants dans la construction de chaînes de valeur plus intégrées autour des minerais indispensables à la transition énergétique mondiale.

Au-delà de l’exploitation minière, le projet vise à encourager la transformation locale des ressources, le développement d’activités industrielles, l’amélioration du partage des revenus miniers et le renforcement des normes environnementales et sociales applicables au secteur.

Cette initiative intervient dans un contexte de forte progression de la demande mondiale en minerais critiques.

Selon les projections relayées par les Nations unies, les besoins pourraient être multipliés par trois d’ici 2030 et par quatre à l’horizon 2040.

Les métaux tels que le cobalt, le cuivre, le lithium, le nickel, le graphite ou encore le manganèse sont désormais au centre des stratégies industrielles liées aux batteries, aux véhicules électriques et aux énergies renouvelables.

Dans cette nouvelle dynamique mondiale, la RDC dispose d’atouts particulièrement importants.

Le pays assure près de 70 % de la production mondiale de cobalt et possède parmi les plus grandes réserves de cuivre de la planète.

Ces deux minerais occupent une place essentielle dans la fabrication des batteries et des technologies nécessaires à la décarbonation de l’économie mondiale.

Pour les autorités africaines comme pour les institutions internationales, la question n’est cependant plus uniquement d’augmenter les volumes extraits.

Le défi consiste désormais à capter une part plus importante de la richesse créée autour de ces ressources naturelles.

Aujourd’hui encore, une grande partie des minerais africains quitte le continent sous forme brute ou semi-transformée avant d’être raffinée et intégrée dans des chaînes industrielles situées en Asie, en Europe ou en Amérique du Nord.

Cette situation prive les pays producteurs d’une partie importante des retombées économiques associées à leurs ressources.

La Commission économique pour l’Afrique estime ainsi que le développement des capacités locales de raffinage, de transformation et de fabrication pourrait permettre aux pays africains d’augmenter significativement les revenus tirés de leurs exportations minières tout en favorisant la création d’emplois qualifiés et le transfert de compétences.

Pour la RDC, cette orientation rejoint les ambitions portées depuis plusieurs années par le gouvernement en matière de transformation locale des minerais stratégiques.

L’objectif est de faire émerger progressivement des activités industrielles à plus forte valeur ajoutée autour du cuivre et du cobalt, plutôt que de demeurer un simple fournisseur de matières premières.

Le programme régional prévoit également un accompagnement des petites et moyennes entreprises, le développement des compétences techniques, l’intégration des jeunes et des femmes dans les nouvelles chaînes de valeur ainsi qu’un renforcement des mécanismes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Des actions de sensibilisation et de dialogue avec les communautés minières sont aussi prévues afin d’améliorer l’acceptabilité des projets et de favoriser une meilleure répartition des bénéfices issus de l’exploitation des ressources naturelles.

Pour la RDC, ce programme représente avant tout une opportunité d’accélérer sa montée en gamme dans les chaînes de valeur mondiales des minerais critiques. Son impact dépendra toutefois de la capacité du pays à attirer des investissements industriels, à renforcer l’accès à l’énergie, à moderniser les infrastructures logistiques et à consolider la gouvernance du secteur minier.

DecryptEco

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