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Le président Félix Tshisekedi a procédé à une série de nominations à la tête de plusieurs établissements publics et organismes stratégiques, notamment l’ARCA, le FOMIN, l’OGEFREM, la DGCDI, l’AZES, l’ANADEC, l’APROCM et l’Inspection générale de la territoriale.
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Ces changements interviennent alors que les entreprises publiques congolaises cumulent des contre-performances financières qui pèsent de plus en plus lourd sur les finances publiques.
Le président de la République, Félix Tshisekedi, a signé, le mercredi 03 juin 2026, une série d’ordonnances portant nomination de nouveaux responsables à la tête de plusieurs établissements publics et structures administratives.
À l’Inspection générale de la territoriale, Mulolo Kanyimbu Didier est nommé inspecteur général, assisté de Shomba Wa Shomba en qualité d’adjoint.
À l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA), Jean-Marie Mukanya est reconduit président du conseil d’administration, tandis qu’Alain Kaninda conserve la direction générale et Fanny Bilelo la direction générale adjointe. Le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, figure également parmi les membres du conseil d’administration.
Au Fonds minier pour les générations futures (FOMIN), Kala Mpinga est nommé président du conseil d’administration, avec Godard Motemona comme directeur général et Eugène Bunga Muke comme directeur général adjoint.
À l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM), Amisi Makutano est reconduit président du conseil d’administration, tandis qu’Olivier Tshibola Mukuma est nommé directeur général et Mayele Samba Emmanuel directeur général adjoint.
À la Direction générale du corridor de développement industriel (DGCDI), Sébra Mpoyi est nommé président du conseil d’administration, avec Dieudonné Kalombo comme directeur général et Judith Kabemba Elenga comme directrice générale adjointe.
À l’Agence des zones économiques spéciales (AZES), Mbombo Mesu Joséphine est nommée présidente du conseil d’administration, aux côtés de Bolanda Menga Auguy comme directeur général et Madogo Mbwizia Hipolite comme directeur général adjoint.
À l’Agence nationale pour le développement de l’entrepreneuriat congolais (ANADEC), Maguy Rwakabuba est reconduite présidente du conseil d’administration, tandis que Godefroid Kizaba est nommé directeur général et Matthieu Tshimbumbu directeur général adjoint.
Enfin, à l’Agence de promotion des classes moyennes congolaises (APROCM), Bilonda Lubangi Okito est nommée présidente du conseil d’administration, avec Pascal Mazombo comme directeur général et Belinda Lutandila comme directrice générale adjointe.
Au-delà du mouvement administratif, ces ordonnances surviennent dans un contexte marqué par les difficultés persistantes de nombreuses entreprises publiques.
En effet, dans son récent rapport, intitulé « Du parking à la voie rapide : Réformer les entreprises publiques », la Banque mondiale a alerté sur la situation du portefeuille de l’État.
Suivant le document, il ressort qu’entre 2014 et 2023, les entreprises publiques congolaises ont accumulé près de 5,3 milliards de dollars de pertes, soit plus de 500 millions de dollars par an. Un montant qui équivaut pratiquement au budget annuel consacré à la santé dans le pays.
Plus des deux tiers des entreprises pour lesquelles des données sont disponibles ont enregistré des pertes en 2023.
Les secteurs de l’énergie, des transports et de l’eau figurent parmi les plus fragilisés, avec notamment la SNEL, la RVA, la SNCC, l’ONATRA et la REGIDESO, renseigne la source.
La dégradation financière se reflète également dans l’endettement.
Selon la source, la dette des entreprises publiques est passée de 5,7 % du PIB en 2019 à 7,3 % en 2023. Elle représente désormais près de 42 % de la dette extérieure publique du pays. À elle seule, la SNEL concentre environ les trois quarts de cette dette.
Dans ce contexte, les nouvelles équipes héritent donc d’institutions dont les défis dépassent largement les questions administratives.
Les experts notent cependant que les nominations ne constituent pas une performance en soi.
Pour ces derniers, le véritable examen commence après les cérémonies de prise de fonctions. Assainissement de la gestion, amélioration des recettes, réduction des pertes, qualité du service rendu et discipline financière seront les critères d’évaluation.
Dans un pays où un défaut des onze principales entreprises publiques pourrait coûter près de 179 millions de dollars au Trésor en une seule année, l’exigence de résultats n’est plus une option de gouvernance. Elle devient une nécessité budgétaire et économique.
DecryptEco
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