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Entrepreneuriat, IA et économie en RDC : Imelda Ndamuso défend une jeunesse universitaire tournée vers la création de valeur

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Étudiante en sciences économiques à l’Université Protestante au Congo (UPC) et entrepreneure dans le secteur de la parfumerie, Imelda Ndamuso développe une lecture à la fois pragmatique et lucide des défis économiques auxquels fait face la jeunesse congolaise.

Dans un entretien accordé à DecryptEco, elle estime que « l’entrepreneuriat jeune est aujourd’hui très dynamique en RDC », grâce à « beaucoup d’initiatives et de créativité ». Elle considère toutefois que cet élan reste freiné par plusieurs contraintes structurelles, notamment « le manque d’accompagnement, l’accès limité aux financements » ainsi qu’« un manque de formation pratique et de matériel adapté ». Selon elle, de nombreux jeunes disposent d’idées porteuses mais peinent encore à « les structurer et les faire évoluer sur le long terme ».

Évoluant également dans l’univers de la parfumerie, Imelda Ndamuso explique avoir lancé cette activité à partir d’« un intérêt pour l’univers des parfums » et de la volonté de proposer « quelque chose de qualitatif et accessible ». Elle affirme que son approche repose principalement sur « le choix des senteurs, la présentation et l’attention portée aux préférences des clients », dans une logique de construction progressive d’identité de marque et de proximité avec le marché local.

Au-delà de cette activité, la jeune entrepreneure indique travailler sur des projets liés à l’événementiel et aux petites activités génératrices de revenus destinées aux jeunes évoluant en milieu scolaire et universitaire. « L’objectif est de répondre à des besoins concrets », explique-t-elle, évoquant notamment « le manque d’opportunités » et les difficultés rencontrées par de nombreux étudiants lorsqu’ils tentent de lancer leurs premières initiatives économiques.

Interrogée sur la montée de l’intelligence artificielle dans les universités, notamment à l’UPC, Imelda Ndamuso considère que l’IA constitue « avant tout un outil » capable « d’aider dans les recherches académiques » et de faciliter l’accès à l’information. Elle met cependant en garde contre une dépendance excessive des étudiants à ces technologies. « Si les étudiants en dépendent trop, cela peut affaiblir leur esprit critique », avertit-elle, plaidant pour une utilisation de l’IA comme « support » et non comme substitut à la réflexion personnelle.

Cette lecture rejoint plusieurs analyses académiques développées par la New York University sur les mutations du travail et des compétences dans l’économie numérique. Des chercheurs de l’université estiment que l’intelligence artificielle transforme déjà les modèles d’apprentissage, la productivité et les mécanismes de création de valeur. Ils soulignent toutefois que les économies émergentes, notamment africaines, devront investir davantage dans les compétences analytiques, la créativité, l’adaptabilité et l’esprit critique afin d’éviter une dépendance technologique passive.

Pour Imelda Ndamuso, la jeunesse universitaire congolaise peut justement jouer un rôle central dans cette transition économique. « La RDC a beaucoup de potentiel », affirme-t-elle, estimant que les étudiants peuvent contribuer à la transformation économique « en innovant et en créant des initiatives qui valorisent les ressources locales ». Selon elle, le véritable enjeu consiste désormais à construire une culture entrepreneuriale capable de transformer les idées en activités durables et créatrices de valeur en République démocratique du Congo.

DecryptEco

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