Accueil Finance Transactions financières : la tokenisation promet plus de simplicité, mais expose à de nouveaux risques (FMI)
Finance

Transactions financières : la tokenisation promet plus de simplicité, mais expose à de nouveaux risques (FMI)

Partager
Partager
  • Cette technologie permet de représenter des actifs financiers sous forme de jetons numériques et d’automatiser certaines opérations.

  • Les marchés étudiés restent toutefois moins faciles à négocier et connaissent des variations de prix plus fortes que les marchés traditionnels.

Acheter une fraction d’action, la revendre à toute heure et automatiser certaines étapes de la transaction : telles sont les possibilités offertes par la tokenisation. Dans son Rapport sur la stabilité financière dans le monde d’octobre 2026, le Fonds monétaire international (FMI) analyse cette transformation et les risques qu’elle pourrait faire peser sur les marchés.

La tokenisation consiste à représenter un actif, comme une action ou une obligation, sous forme de jeton numérique sur un registre informatique partagé.

Ce registre permet d’enregistrer les détentions et les transferts. Il est aussi programmable : certaines opérations peuvent s’exécuter automatiquement lorsque les conditions prévues sont réunies.

À titre illustratif, une action valant 100 dollars pourrait être représentée par 100 fractions numériques correspondant chacune à un dollar. Un investisseur pourrait alors acquérir une fraction plutôt que l’action entière.

Les droits associés à cette fraction doivent toutefois être clairement définis. Cet exemple illustre le mécanisme, sans constituer une donnée du rapport.

L’innovation enclenchée dans ce sens permet de rassembler, sur une infrastructure commune, des fonctions habituellement assurées par plusieurs intermédiaires. L’objectif est de réduire les étapes, de faciliter le suivi des opérations et d’améliorer la transparence.

Les experts du FMI relèvent notamment la possibilité d’échanger des actions tokenisées 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Mais cette disponibilité ne garantit pas de pouvoir revendre facilement. Encore faut-il qu’un acheteur accepte le prix proposé.

C’est précisément l’une des limites observées. Les marchés d’actions tokenisées étudiés restent moins liquides, plus volatils et plus fragmentés que leurs équivalents traditionnels, principalement en raison de leur taille réduite.

Concrètement, les acheteurs et les vendeurs peuvent être dispersés entre plusieurs plateformes. Une vente importante peut alors faire davantage baisser le prix si les acheteurs sont peu nombreux.

Le FMI identifie quatre conditions pour accompagner leur développement : des droits juridiquement sûrs, des règles claires, des plateformes capables de communiquer entre elles et des moyens fiables pour régler les transactions.

Son analyse souligne aussi une fragilité : les gains d’automatisation s’accompagnent d’une dépendance accrue aux infrastructures technologiques.

Les difficultés de liquidité, les investissements financés par l’emprunt et les liens entre acteurs peuvent également amplifier les chocs au sein de ces nouveaux marchés.

Pour les experts du Fonds, l’encadrement devrait donc suivre les risques, quelle que soit la technologie utilisée. Faciliter les transactions reste une promesse utile. La concrétiser exige aussi de sécuriser les droits des investisseurs et le fonctionnement des échanges.

DecryptEco | RDC & Afrique

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *