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Le gouvernement a lancé, le 6 octobre à Kinshasa, les consultations sur la mise en œuvre de l’AMO, avec une extension progressive aux fonctionnaires et aux travailleurs de l’économie informelle.
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La mutualisation doit alléger les paiements au moment des soins, mais nécessite des cotisations adaptées, un financement public et des établissements capables de prendre en charge les assurés.
Le gouvernement congolais veut réduire le poids des dépenses de santé sur les familles grâce à l’Assurance maladie obligatoire (AMO). Les consultations lancées ce mardi 6 octobre à Kinshasa doivent préparer son déploiement progressif.
La cérémonie était présidée par le vice-Premier ministre chargé de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, représentant la Première ministre, aux côtés du ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba.

Le dispositif repose sur un principe : mettre en commun des ressources avant que la maladie survienne pour financer les soins des personnes couvertes.
Les cotisations et les financements publics doivent ainsi limiter les sommes à mobiliser immédiatement pour une consultation, des médicaments ou une hospitalisation.
Samuel Roger Kamba a inscrit cette démarche dans la politique de solidarité et d’équité portée par Félix Tshisekedi. Il a également évoqué la disponibilité des médicaments, la digitalisation et la régulation du secteur.
L’ouverture des consultations constitue toutefois une étape préparatoire, et non une couverture déjà effective pour tous les Congolais.
Plusieurs jalons précèdent cette rencontre. L’ordonnance-loi du 3 mars 2023 a renforcé le cadre de l’AMO. Le 5 septembre suivant, la gratuité de la maternité et des soins du nouveau-né était lancée à Kinshasa, premier volet de la couverture santé universelle.
Le 23 juin 2026, le Fonds de solidarité de santé échangeait avec les syndicats d’enseignants sur les cotisations et les prestations. Selon le FSS, le dispositif prévoit quatre sous-régimes : agents publics, secteur privé, élèves et étudiants, travailleurs de l’informel.

La prise en charge des personnes indigentes et vulnérables incombe à l’État. Pour l’informel, les contributions doivent tenir compte des capacités financières.
Cette adaptation est essentielle lorsque les revenus sont irréguliers. Les données permettent de mesurer l’effort nécessaire. En 2023, les paiements directs des ménages représentaient environ 38 % des dépenses courantes de santé en RDC, selon les données de l’OMS.
À l’échelle de la Région africaine de l’OMS, l’Atlas des dépenses de santé 2023 situe cette proportion à 35,8 % en moyenne sur 2012-2020. Ce repère historique ne constitue donc pas une comparaison pour la même année.
L’ouvrage recommande de ramener les paiements directs sous une fourchette de 15 à 20 % pour améliorer la protection financière. Pour la RDC, passer de 38 % à 20 % représenterait une baisse de 18 points, soit presque une division par deux de cette part.
À dépense totale constante, cela reviendrait à transférer 18 dollars sur chaque tranche de 100 dollars vers des financements publics ou mutualisés. Ce calcul illustre l’effort, sans constituer un budget chiffré de l’AMO.
Certains pays sont plus avancés sur cet indicateur : en 2023, les paiements directs représentaient 6,7 % en Afrique du Sud. Ces niveaux ne signifient toutefois ni gratuité générale ni égalité complète d’accès.
Pour progresser, l’OMS préconise davantage de financements nationaux, la mutualisation des risques et le renforcement des soins primaires.
En RDC, cela suppose aussi des médicaments disponibles et des remboursements réguliers aux établissements. Pour une famille assurée, la protection sera concrète lorsque la cotisation ouvrira effectivement droit aux soins et réduira la facture restant à payer.
DecryptEco | RDC & Afrique
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