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RDC : le pays accélère ses exportations de cuivre vers les États-Unis

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  • La RDC consolide sa place parmi les principaux fournisseurs de cuivre raffiné des États-Unis. En juillet 2026, elle a fourni près du quart des importations américaines, derrière le Chili qui en a représenté 46 %.

  • Cette progression accompagne la stratégie de diversification commerciale engagée par Kinshasa, alors que la Chine reste le principal débouché du cuivre congolais.

Le cuivre congolais prend davantage de place sur le marché américain. D’après les données du département américain du Commerce rapportées, le jeudi 03 septembre 2026, par Reuters, les États-Unis ont importé 225 094 tonnes de cuivre raffiné et d’alliages en juillet 2026, leur niveau mensuel le plus élevé depuis le début des statistiques disponibles en 1990.

Ces importations ont progressé de 78 % par rapport à juin et de 8 % sur un an. Le Chili demeure le premier fournisseur avec 46 % des volumes. La République démocratique du Congo arrive désormais en deuxième position et représente près du quart des achats américains du mois.

La progression congolaise s’inscrit dans une tendance engagée depuis 2025. Cette année-là, les États-Unis avaient importé environ 1,63 million de tonnes de cuivre raffiné, en hausse de 81 %.

La RDC en avait fourni 187 000 tonnes, derrière les 876 000 tonnes chiliennes, mais devant le Canada et le Pérou.

Durant les sept premiers mois de 2026, les importations américaines ont atteint 1,12 million de tonnes, soit une progression de 4,2 % sur un an.

À Kinshasa, cette évolution rejoint la politique de diversification des débouchés miniers. La Cellule technique de coordination et de planification minière (CTCPM) indique que la part des ventes congolaises de cuivre orientées vers les États-Unis et l’Europe a doublé par rapport à 2025.

La Gécamines participe à cette réorientation en exerçant son droit de prélèvement sur une partie de la production des entreprises dans lesquelles l’État détient des participations. Cette mécanique permet à l’entreprise publique de commercialiser directement certains volumes et d’élargir le nombre d’acheteurs du cuivre congolais.

Le rapprochement avec Washington donne également une dimension politique et économique à cette évolution.

La RDC et les États-Unis ont conclu, en décembre 2025, un partenariat stratégique autour des minerais critiques. Depuis, plusieurs opérations impliquant des investisseurs américains ont été annoncées dans le cuivre et le cobalt.

La hausse observée aux États-Unis doit néanmoins être interprétée avec précaution. Reuters relève que les négociants ont accéléré leurs livraisons dans l’attente d’une éventuelle modification de la politique douanière américaine sur le cuivre. Les stocks accumulés sur le marché américain ont ainsi fortement augmenté.

Pour la RDC, la progression reste toutefois significative. Elle réduit progressivement la concentration géographique de ses ventes et introduit davantage de concurrence entre acheteurs.

Pour les spécialistes du secteur minier, la prochaine étape se situe moins dans la seule augmentation des tonnages que dans les conditions commerciales obtenues par le pays. Diversifier les marchés peut améliorer le pouvoir de négociation de Kinshasa, à condition que cette ouverture se traduise par de meilleurs prix, une commercialisation plus transparente et davantage de valeur conservée dans l’économie congolaise.

Le marché américain offre ainsi un débouché supplémentaire au premier produit d’exportation de la RDC.

Le véritable gain économique se mesurera dans la capacité du pays à convertir cette nouvelle concurrence autour de son cuivre en recettes, investissements et transformation locale.

DecryptEco

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