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RDC : face à un manque à gagner potentiel de 20 milliards USD, Ted Beleshayi renforce le contrôle de la sous-traitance

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  • L’ARSP entend renforcer les inspections et combattre les prête-noms pour améliorer l’accès des entreprises congolaises aux marchés.

  • La digitalisation, l’accès au financement et les regroupements d’entrepreneurs complètent les mesures présentées lors du bilan des cent premiers jours de Ted Beleshayi.

Un manque à gagner potentiel estimé à près de 20 milliards USD par an dans la sous-traitance, principalement minière : c’est le constat présenté par Juan Ted Beleshayi pour soutenir le renforcement des contrôles en RDC.

Le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) a exposé ses orientations le 1er octobre 2026 à Kinshasa, lors du bilan de ses cent premiers jours.

Le dispositif prévoit d’abord des inspections plus soutenues auprès des grandes entreprises et de leurs prestataires.

L’objectif est de vérifier que les marchés sont attribués à des sociétés remplissant les conditions d’éligibilité et que les irrégularités constatées donnent lieu à des corrections.

La lutte contre les prête-noms occupe une place centrale. Cette pratique consiste à présenter une entreprise comme congolaise alors que son contrôle réel et ses revenus bénéficient à d’autres intérêts.

La vérification devrait donc porter sur les propriétaires effectifs, la direction des opérations et les bénéficiaires de l’activité.

Pour soutenir ce travail, l’ARSP a engagé la digitalisation de ses services et la professionnalisation de ses équipes.

Des dossiers mieux organisés peuvent faciliter les vérifications, permettre de rapprocher les informations et assurer le suivi des entreprises déjà contrôlées.

Le déploiement territorial devrait également rapprocher le régulateur des activités à surveiller. L’accompagnement financier figure aussi parmi les priorités. Un contrat exige souvent des dépenses avant le premier paiement : acquisition de matériel, transport, salaires ou achat de fournitures.

L’accès au financement devrait permettre aux entrepreneurs de supporter ces avances et d’exécuter les commandes obtenues.

Ted Beleshayi encourage, dans cette perspective, les regroupements et les partenariats entre entreprises congolaises. En réunissant équipements, compétences et capitaux, plusieurs prestataires peuvent répondre à des marchés plus importants.

Cette démarche concerne les mines, mais également les télécommunications, le BTP, l’énergie et les services.

L’ARSP conserve un rôle de régulation : elle veille au respect des conditions d’accès, sans rechercher directement des contrats pour les entreprises. Les décisions déjà prises donnent une première mesure de l’action engagée.

Le 25 septembre, deux injonctions ont visé six sociétés des groupes ERG et Ivanhoe. Les listes de sous-traitants déclarés non éligibles totalisent 268 inscriptions : 128 chez ERG et 140 chez Ivanhoe. L’ARSP a ordonné la fin des contrats concernés et exigé des plans correctifs sous trente jours.

Ces chiffres recensent les prestataires visés ; ils ne mesurent pas les montants récupérés.

Chez Sicomines, l’injonction du 28 septembre concerne six prestataires représentant 80 % du chiffre d’affaires de l’ensemble des sous-traitants, soit quatre dollars sur cinq.

Cette concentration montre le poids économique de quelques entreprises dans l’accès aux commandes.

Le plan correctif exigé sous trente jours devrait préciser le calendrier de fin des contrats et les mesures d’ouverture aux prestataires éligibles. Un contrôle ultérieur est prévu dans ce sens pour vérifier leur application.

DecryptEco | RDC & Afrique

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