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L’ARSP et CRDB Bank ont engagé, le 18 septembre à Kinshasa, des discussions sur des solutions financières destinées aux entrepreneurs congolais, particulièrement ceux actifs dans la sous-traitance et les mines.
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Ce rapprochement intervient un mois après le lancement de Vunga, qui prévoit déjà des financements de 10 000 à 1 million USD. L’arrivée éventuelle d’un autre acteur bancaire pourrait élargir les sources de crédit accessibles aux entreprises locales.
L’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP) cherche à élargir le cercle des banques susceptibles d’accompagner financièrement les entreprises congolaises. Son Directeur général, Beleshayi Kasanda Juan Ted, a reçu, vendredi 18 septembre 2026, Jessica Nyachiro, Directrice générale de CRDB Bank DR Congo, pour examiner des pistes de collaboration autour du financement des entrepreneurs, notamment dans la sous-traitance et les mines.
À ce stade, les deux parties n’ont annoncé ni convention, ni enveloppe de crédit, ni conditions de financement. La rencontre ouvre donc une discussion bancaire plutôt qu’un nouveau mécanisme déjà opérationnel.
Elle touche néanmoins l’une des contraintes centrales des entreprises locales : obtenir les ressources nécessaires pour exécuter un marché après son attribution.
Dans la sous-traitance minière, une PME peut devoir financer des équipements, des véhicules, des stocks, la rémunération du personnel ou encore son fonds de roulement plusieurs semaines avant le paiement du donneur d’ordre.
L’accès au marché ne suffit donc pas : sans crédit ou garantie, une entreprise peut disposer d’un contrat sans avoir la trésorerie nécessaire pour l’exécuter.
Cette question prend une dimension particulière dans le nouveau cadre de la sous-traitance congolaise. La loi n°17/001 du 8 février 2017, qui a posé les règles applicables à la sous-traitance dans le secteur privé, a été complétée en 2026 par une nouvelle législation relative à la sous-traitance et aux obligations liées au contenu local, promulguée le 30 juin et publiée au Journal officiel le 8 juillet 2026.
Le cadre maintient notamment le principe d’entreprises à capitaux majoritairement congolais pour accéder aux marchés concernés. L’ARSP exige actuellement des capitaux majoritairement congolais, supérieurs à 51 %, ainsi qu’un siège social en RDC.
Mais cette préférence réglementaire doit être accompagnée d’une capacité financière. À fin décembre 2025, les crédits bancaires bruts en RDC atteignaient 10,27 milliards USD, en progression de 20,2 % sur un an, tandis que les dépôts s’élevaient à 16,24 milliards USD.
La Banque centrale indique que la hausse du crédit avait notamment été soutenue par les financements accordés aux PME.
CRDB Bank apporte, de son côté, le profil d’un groupe bancaire régional déjà implanté en Tanzanie, au Burundi et en RDC. Sa filiale congolaise a commencé ses activités en 2023 à Lubumbashi, au cœur de la principale région minière du pays.
À l’échelle du groupe, les prêts et avances atteignaient 13 723,3 milliards de shillings tanzaniens fin 2025, contre 10 360,8 milliards en 2024, soit une hausse de 32,5 % sur un an.
Le rapprochement intervient surtout après le lancement, le 17 août 2026, du programme Vunga associant l’ARSP, le FOGEC, Rawbank et Rawsur. Ce mécanisme prévoit des financements compris entre 10 000 et 1 million USD, pouvant couvrir jusqu’à 50 % de la valeur des marchés concernés.
L’ouverture de discussions avec CRDB Bank peut ainsi élargir progressivement l’architecture financière construite autour des sous-traitants.
Mais son effet économique ne pourra être mesuré qu’à partir de produits effectivement disponibles : montants prêtés, taux appliqués, garanties exigées, maturités et nombre d’entreprises financées.
DecryptEco | RDC & Afrique
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