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Ivanhoe Mines affirme avoir dépensé moins de 10 USD par tonne de cuivre découverte dans les Western Forelands, son vaste domaine d’exploration voisin de Kamoa-Kakula. Ce ratio porte sur l’exploration et ne constitue ni un coût d’extraction ni un coût de production.
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La performance intervient dans une industrie où les grandes découvertes se raréfient. S&P Global prévoit une hausse de 50 % de la demande mondiale de cuivre, de 28 millions de tonnes en 2025 à 42 millions en 2040.
Trouver du cuivre devient plus difficile. Ivanhoe Mines affirme pourtant dépenser moins de 10 USD pour chaque tonne de cuivre mise en évidence dans les Western Forelands, en République démocratique du Congo, où le groupe intensifie l’exploration à l’ouest du complexe de Kamoa-Kakula.
Le chiffre ne correspond pas au coût nécessaire pour sortir une tonne de métal du sous-sol. Ivanhoe additionne ses dépenses d’exploration — infrastructures de campagne, installation et forage compris — puis les rapporte au volume de cuivre découvert. Lors d’une présentation aux investisseurs le 8 septembre, la direction a confirmé un résultat inférieur à 10 USD par tonne et indiqué avoir identifié des références sectorielles autour de 200 USD. La comparaison reste indicative : le coût de découverte n’est pas une métrique aussi standardisée que les coûts d’exploitation d’une mine.
L’écart intervient alors que l’industrie consacre toujours plusieurs milliards de dollars à l’exploration avec moins de nouvelles découvertes majeures. Les budgets mondiaux d’exploration du cuivre ont atteint 3,3 milliards USD en 2025, soit environ la moitié du pic de 6,6 milliards USD enregistré en 2012. Près de 43 % des dépenses sont désormais concentrées autour de mines existantes, contre 25 % pour l’exploration de nouveaux terrains.
La géologie devient également plus coûteuse à sonder. S&P Global estime que la profondeur moyenne des forages de cuivre a augmenté de près de 50 % depuis 2010, pour atteindre environ 600 mètres. Le délai moyen entre une découverte et la première production atteint désormais environ 17 ans.
Les Western Forelands font exception par leur rythme de délimitation des ressources. Ivanhoe consacre 86 millions USD à l’exploration du secteur en 2026, sur un budget mondial d’exploration d’environ 126 millions pour le groupe. Le programme congolais prévoit 94 500 mètres de forage, le plus important jamais engagé par l’entreprise dans la zone.
Le district de Makoko concentre l’essentiel des nouveaux volumes. Les ressources indiquées y atteignent 34 millions de tonnes de minerai à 2,66 % de cuivre, soit environ 900 000 tonnes de cuivre contenu. Les ressources inférées s’élèvent à 612 millions de tonnes à 1,80 %, représentant environ 11 millions de tonnes supplémentaires de cuivre contenu. Le gisement voisin de Kiala ajoute 8 millions de tonnes de ressources indiquées à 2,67 %.
Ces volumes ne sont pas des réserves. Les ressources inférées présentent un niveau de confiance géologique inférieur et rien ne garantit qu’elles seront intégralement converties en ressources indiquées, puis en réserves économiquement exploitables. Ivanhoe doit encore préciser les méthodes d’extraction, les investissements nécessaires, les coûts opératoires et le calendrier de développement.
La rareté des nouvelles découvertes arrive au moment où les besoins augmentent. S&P Global projette une consommation mondiale de cuivre de 42 millions de tonnes en 2040, contre 28 millions en 2025. Sans expansion significative de l’offre, son scénario fait apparaître un déficit potentiel d’environ 10 millions de tonnes à cet horizon. Réseaux électriques, véhicules électriques, centres de données, intelligence artificielle et dépenses de défense alimentent la progression.
L’Agence internationale de l’énergie aboutit à un diagnostic similaire sur un horizon plus proche : les mines existantes et les projets annoncés pourraient laisser en 2035 un écart d’environ 25 % entre l’offre minière attendue et les besoins primaires en cuivre. Les nouveaux projets en RDC et en Zambie ont réduit cette estimation par rapport à l’année précédente, sans supprimer le déficit projeté.
Le prix du métal renforce l’intérêt porté aux nouvelles ressources. Ivanhoe indique que le cuivre au London Metal Exchange est passé de 8 167 USD la tonne en novembre 2023 à 14 530 USD le 7 septembre 2026. Le marché a depuis franchi 14 700 USD la tonne dans les échanges récents.
Ivanhoe prévoit de commencer une étude préliminaire sur Makoko au premier trimestre 2027 et prépare déjà de nouveaux travaux de forage. Certaines zones minéralisées proches de la surface pourraient être étudiées pour une exploitation à ciel ouvert, avant un éventuel passage au souterrain.
Moins de 10 USD par tonne découverte donne à Ivanhoe un avantage au stade de l’exploration. La valeur économique des Western Forelands dépendra toutefois d’une autre série de chiffres : tonnes converties en réserves, capital nécessaire pour construire les mines, coût d’extraction et vitesse de mise en production. Dans un marché où les découvertes deviennent plus rares et prennent en moyenne près de deux décennies à atteindre la production, c’est la conversion de la géologie en cuivre commercial qui déterminera la portée industrielle du district congolais.
DecryptEco | RDC & Afrique
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