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CHINA MINING 2026 : la RDC et la Tanzanie veulent mieux valoriser leurs minerais stratégiques

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  • La RDC et la Tanzanie disposent en commun de plusieurs ressources, notamment l’or, le cuivre, l’étain, le tantale et différents minerais critiques, mais avec des niveaux de production très différents.

  • Derrière le rapprochement engagé à Tianjin se pose une même question économique : comment passer d’une économie d’extraction à une chaîne minière qui conserve davantage de valeur localement.

La République démocratique du Congo et la Tanzanie veulent approfondir leur coopération minière. À Tianjin, en marge de la 28ᵉ China Mining Conference and Exhibition, le ministre congolais des Mines, Louis Watum Kabamba, s’est entretenu avec son homologue tanzanien des Ressources minérales, Anthony Peter Mavunde.

Les discussions ont porté sur le partage d’expériences, la valorisation des ressources et l’identification de nouvelles possibilités de coopération. Elles prolongent une démarche amorcée en août avec l’envoi d’une équipe congolaise en Tanzanie.

Louis Watum Kabamba a également échangé avec CREC Resources et Zijin, deux groupes chinois actifs en RDC. Zijin a notamment présenté l’évolution de COMMUS et de ses autres projets miniers dans le pays. Le gouvernement congolais évalue à environ 6 milliards USD les investissements du groupe chinois en RDC.

Mais derrière ces rencontres apparaît une réalité plus large. Les deux pays possèdent plusieurs minerais communs, sans avoir construit le même modèle minier.

La RDC dispose d’une avance considérable dans le cuivre et le cobalt. En 2024, elle représentait environ 13 % de la production mondiale de cuivre minier et 75 % de celle du cobalt. Elle était également le premier producteur mondial de tantale et le cinquième producteur d’étain.

Cette puissance reste toutefois fortement concentrée. Le cuivre représentait à lui seul 79,3 % de la valeur des exportations congolaises en 2024. En ajoutant le cobalt, la proportion dépassait 90 %. Ce qui revient à dire, malgré la diversité géologique du pays ; or, étain, tantale, tungstène, zinc ou manganèse, l’essentiel de ses recettes minières repose encore sur deux métaux.

La Tanzanie présente presque l’image inverse. Elle produit également de l’or, du cuivre et de l’étain et dispose de ressources en nickel, cobalt, tantale, graphite et autres minerais critiques. Mais son économie minière demeure dominée par l’or. En 2025, ses exportations minières ont atteint 5,4 milliards USD, dont près de 4,75 milliards provenaient de l’or, soit environ 88 % du total.

Pour des experts du secteur, cette différence peut justement donner du contenu à la coopération recherchée.

La RDC peut apporter son expérience dans l’exploitation industrielle du cuivre-cobalt, du tantale et de l’étain. La Tanzanie avance, de son côté, dans le graphite, le nickel et la mise en place d’unités de raffinage. Elle était notamment le cinquième producteur mondial de graphite naturel en 2024.

Les deux pays se retrouvent donc sur un même défi : ils possèdent une géologie abondante, mais leurs exportations restent fortement concentrées et une partie importante de la transformation finale s’effectue encore hors de leurs frontières.

À Tianjin, face aux industriels et financiers chinois, leur intérêt économique n’est dès lors pas seulement de présenter des gisements. Ils peuvent chercher des capitaux pour les raffineries, les fonderies, les infrastructures énergétiques, la recherche géologique et les unités de traitement.

Dans cette optique, la coopération entre les deux pays peut enclencher une dynamique stratégique. En effet, la RDC et la Tanzanie ne disposent pas exactement des mêmes volumes, mais partagent plusieurs familles de minerais indispensables aux batteries, à l’électronique et aux nouvelles industries.

Cependant, en coordonnant davantage leurs politiques de transformation, elles peuvent négocier non plus uniquement comme fournisseurs de minerais, mais comme deux pôles miniers complémentaires d’Afrique centrale et orientale capables de capter une part plus importante de la valeur industrielle.

DecryptEco

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